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Le saltimbanque, l'hérétique, et l'inquisiteur. [Terminé]

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SUR ÆÐELMÆR DEPUIS LE : 16/12/2013
MISSIVES ENVOYÉES : 61
PIÈCES : 0 Couronne d'Or, 6 Pistoles d'Argent, 17 Sous de Cuivre
JE SUIS DE LA RACE : des £ugaïð.
MON ÂGE EST DE : Une vingtaine d'années.
ON ME RECONNAIT COMME : Le grand inquisiteur du Clergé.
CRÉDITS : Larbesta (sur DA)
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Ce message a été posté le Jeu 26 Déc - 14:38.
Bien, bien... Il avait droit à un peu d'air frais, en cette douce soirée. Et à la magnifique visions des montagnes qui le dominaient, lui, le frêle Inquisiteur... Ainsi que l'arbalète dans son dos, par dessus son ample cape dont il avait rabattu le capuchon, l'épée à sa hanche, et les quelques couteaux qui garnissaient ses manches. Au cas où le fugitif ferait des bêtises, de ces bêtises que tentent tout hérétique un peu sous pression. Surtout quand cet hérétique avait franchi une aussi belle distance à pied, avec à peine une journée d'avance sur l'Inquisiteur. Parce qu'il n'est pas à pied, tout simplement, ce petit. Songeait Løtar avec une grimace intriguée, tout en observant les différences traces laissées sur le chemin caillouteux, que sa monture gravissait avec précaution, lui sur son dos.

Enfin, c'était plutôt futile que d'observer tous ces cailloux renversés... Alors que dans la semi-obscurité de cette fin de journée - continuer encore longtemps comme ça, et le cheval allait finir par se briser une patte dans un trou devenu indissociable du reste -, il percevait un peu d'agitation non loin, entre les arbres épineux, peut-être des voix, hennissements d'autres équidés... Et même un filet de fumée, sur lequel jouaient les derniers rayons de lumière ? S'il est allé encore plus loin, ce fichu marchand bedonnant, c'est que c'est un Ailé et qu'on ne me l'a pas dit. Info ou pas info, le voisin bavard subirait quelques représailles pour une telle imprécision... L'Inquisiteur ne plaisantant pas, surtout avec ce genre de détail. Mais Løtar ne se faisait guère d'illusion : à quarante ans passé... La femme aurait sans doute remarqué quelque chose. A moins qu'elle n'en soit une aussi. Non, il commençait à rêver.

Triturant un instant les rênes, il se retint de lancer sa monture au galop, pour être rapidement fixé. Comme dit précédemment, c'était le meilleur moyen de mettre sa monture hors d'usage - une patte ou plus de cassée, et la bête était bonne pour une lame passée au travers de son musculeux cou... Du temps gâché, en somme -, et... S'il n'avait pas pris une petite troupe de gardes avec lui, c'était bien pour conserver un minimum de discrétion. Car des gaillards en armure et à cheval, à flan de montagne... Aussi discret qu'une estafilade sur le visage d'un nouveau-né. Au lieu de se tordre le cou pour essayer d'en voir plus entre deux troncs et quatre branche, il se concentra sur sa respiration, se détendant juste ce qu'il faut. Tout naturellement, il se mit à chantonner un air, un des comptines que son invisible de mère - Løtar ne pensait pas avoir jamais vu distinctement son visage avant qu'elle ne trépasse, au fin-fond d'un boyau gris - lui avait parfois chanté. Tranquillement, laissant l'alezan poursuivre au rythme d'un vieillard boiteux... Jusqu'à ce que les arbres s’éclaircissent, à l'approche d'un petit plateau. Un sourire incroyablement tranquille se déposa sur les lèvres de l'Inquisiteur, à la vue des roulottes qui y avaient fait halte. Une troupe d'hérétiques ? Quand même pas. S'amusa-t-il.

Si les silhouettes que découpaient les flammes ne manquaient d'attirer l’œil dans la jeune obscurité, l'attention de l'Inquisiteur fut au final retint par... Celles qui se tenaient à l'écart. L'une, celle d'un homme à la bonne statue, et l'autre... Un peu tassée, et plutôt ronde. S'il n'en fit rien, alors qu'il dirigeait sa monture vers le duo, intérieurement il exultait. Mais, en tant que simple voyageur, une simple bonne humeur était de rigueur.

Bonsoir messieurs. salua-t-il le duo... Tout en se retenant de rire à la vue du sursaut de celui qu'il devinait être le marchand l'intéressant. Il fait bien frais pour être ainsi à l'écart... Aucun problème, j'espère ? Et Løtar d'engager tranquillement la conversation, en toute innocence.

Ne se voulant pas impoli - les dominer du haut de sa monture, quel toupet ! -, l'Inquisiteur descella, avant de s'approcher encore, rênes en main... La capuche encadrant toujours son visage.


HRP:
 


sign

C'est très simple.

Tu ne coopères pas, je m'occupe de toi jusqu'à ce que tu le fasses.
Tu coopères, tu peux espérer que ton cadavre revoit la lumière du jour d'ici une semaine.

Des questions ?

Løtar, à un prisonnier

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SUR ÆÐELMÆR DEPUIS LE : 23/12/2013
MISSIVES ENVOYÉES : 24
PIÈCES : 0 Couronne d'Or, 3 Pistoles d'Argent, 15 Sous de Cuivre
JE SUIS DE LA RACE : des Vaughñ.
MON ÂGE EST DE : 19 ans
ON ME RECONNAIT COMME : Danseur de lames itinérant
DANS MES POCHES, IL Y A : Le strict nécessaire pour voyager, quelques sous, des vêtements dans un sac huilé, mais surtout le nécessaire pour chaque performance, deux lames en acier rangées dans d'élégants fourreaux bleutés pendus à un baudrier enroulé autour de sa taille.
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Voir le profil de l'utilisateur http://aedelmaer.forumactif.org/t147-betelan-arvos-shelyn#230 http://aedelmaer.forumactif.org/t150-les-marins-sont-ils-les-seuls-a-avoir-une-femme-dans-chaque-port#240
Ce message a été posté le Jeu 26 Déc - 17:38.
HRP:
 

Laissez-moi vous conter une nouvelle histoire, ou plutôt une portion de celle-ci. Je vous ai déjà parlé, s'il vous en souvient, de ce jeune homme, ce jeune Vaughñ, que nous avions quitté sur la scène, juste avant son nouveau numéro. Bien, très bien, je vois que vous suivez toujours. Ce jour, nous le retrouvons sur les routes, marchant à côté d'un cheval de trait attelé à une roulotte. Qu'est donc celle-ci. Il ne s'agit ni plus ni moins qu'une des nombreuses maisons roulantes dont dispose la troupe.

La scène se déroule donc au pied des Montagnes où trône la Cité Grise. Rien de bien original, me direz-vous. Mais c'est un passage obligé pour la plupart des troupes de saltimbanques, et celle-ci ne fait, malheureusement, pas exception. Le serpentin coloré s'étire donc entre les dents blanches des cimes glacées. Six larges roulottes, accueillant parfois des familles entières. Y séjournent tous les artistes, se partageant les tâches quotidiennes, s'entraînant, perfectionnant leurs numéros, décidant de leur avenir, de leur future destination. Un chef la dirige de main de maître, bien évidemment. Les femmes, comédienne, danseuse, chanteuse, tiennent les rênes. Certains hommes, les plus expérimentés, les moins physiques, les professeurs, gardent les quelques enfants forcés de mettre à profit les temps de voyage. Et les autres, les jeunes hommes en bonne forme, les jongleurs, les danseurs, les acrobates, gardent leur marche lente.

Pourquoi gardent-ils? Votre question, pour stupide qu'elle est, peut être pertinente. Ils gardent car les malandrins ont de tout temps existé. Et sont en extérieur par tout temps. Donc les jeunes se doivent de veiller sur leur famille. Le long serpentin multicolore, fait de bric et de broc au son rythmé des sabots des chevaux de trait et des quelques montures d'apparat, est tel qu'un aigle pourrait l'apercevoir. Mais venez, approchons-nous, car si toutes ces descriptions servent mon propos et vous permettent de vous mettre dans l'ambiance, elles ne nous apprennent pas grand-chose sur le protagoniste principal.

Battons donc des ailes et approchons-nous pour voir tout cela d'un peu plus près. Vêtu de sa sempiternelle tunique de laine bleue et d'un pantalon de cuir enfoncé dans de hautes bottes marrons, le vent courant dans ses cheveux roux et rosissant ses joues, notre jeune héros marche. Ses épées battent ses cuisses au rythme de ses pas alors que les plaques d'armure attachées autour de sa poitrine scintillent dans le soleil bas. Tout semble donc se dérouler pour le mieux, et l'environnement est posé alors qu'il discute, joyeusement, avec une jeune jongleuse conduisant une roulotte verte et rose. Mais soudain...

Il avait toujours adoré les Montagnes. Bon, ce n'était pas tout à fait exact. A une époque, il les avait détestées, parce qu'il était sans cesse malade à cause de leur humidité, de la neige collante qui le ralentissait, la bise glacée qui le frigorifiait. Son peuple était fait pour les vertes forêts et, parfois, il se demandait véritablement si son père n'était pas fou. Mais maintenant qu'il en était éloigné, il se rendait compte que, parfois, comme dans ces moments, elles lui manquaient. Il appréciait donc d'autant plus l'air vivifiant qui lui brûlait un peu les poumons, cet arrière-goût si caractéristique de neige, et cette humidité qui atteignait jusqu'aux os.

Il tentait malgré tout de ne pas trop y penser alors qu'il plaisantait avec Julecia, la fille du Chef de Troupe. C'était une gentille enfant, et il la considérait comme sa petite sœur, bien qu'elle ait quelques années de plus que lui. Il ne voulait pas songer à la raison pour laquelle il considérait les femmes comme des gens qui devaient dépendre de lui. Il retint une grimace en imaginant les vagues souvenirs qu'il avait encore de sa mère, et ce qu'elle aurait pensé d'une telle idée. Elle ne comptait sur personne, elle. Un soupir lui échappa alors que, pour la première fois depuis longtemps, il se demandait s'ils allaient bien.

Il s'apprêtait à lui demander comment se déroulait la leçon d'un de ses apprentis, à l'arrière, quand la file de roulottes s'immobilisa. Avec un vague mouvement de la main, il la salua, et remonta la colonne au pas de course, satisfait d'avoir gardé ses épées au côté. Il espérait qu'ils n'avaient pas rencontré une embuscade. Danser avec les lames était à la fois un plaisir et une responsabilité. Et tuer des hommes n'aurait pas dû dépendre du plaisir...


Quelques battements d'ailes nous font donc remonter la caravane à notre tour, et nous approcher de l'élément perturbateur. Un gros homme paniqué en plein milieu du chemin, hurlant et gesticulant, visiblement effrayé et... en fuite. Notre héros arrive, à peine essoufflé. Le Chef le rejoint et pose la main sur son bras alors qu'il s'apprêtait à dégainer. Garder la famille n'est pas toujours une tâche plaisante, mais il faut l'accomplir. Mais cette fois... Il ne serait pas le premier qu'ils emmèneraient à la Cour des Miracles. Un fuyard, peut-être. Un criminel. Ils n'aideraient pas les hérétiques, ni les Ailés, si d'aventures ils devaient en rencontrer un. C'était un bon croyant, ce Chef. Respectueux, allant aux services religieux dès qu'il en avait l'occasion...

Ils se débattent, ils discutent, gesticulent encore. Des mots sont échangés de part et d'autre. De l'argent change de main. Les discussions s'arrêtent. Si le gros homme achète son passage, alors il est le bienvenu dans la caravane. Et les saltimbanques ne posent pas de questions aux invités, même lorsqu'ils n'ont pas encore partagé leur repas. Une fois que cela serait fait, et pour toute la durée du parcours, ils ferait partie de la famille. Il rejoint la caravane de tête qui a le meilleur cheval, et y monte difficilement, chassant un élève comédien, un jeune d'une quinzaine d'années, en pleine répétition pour leur prochaine représentation. Une silhouette solitaire armurée et vêtue de bleu laisse passer la tête du convoi avant de reprendre sa place, l'air soucieux.

Un mauvais pressentiment. Quelque chose qui le faisait se sentir un peu moins joyeux qu'il l'était cinq minutes auparavant. La nervosité du marchand, peut-être. Sa bedaine grasse, son air condescendant, malgré le besoin qu'il avait d'eux. Quelque chose qui titillait l'orgueil du jeune danseur. Qui lui donnait envie de libre court à ce tempérament fougueux qui lui avait déjà valu tant d'ennuis. Car s'il était timide avec les jeunes femmes, bravache devant les enfants, il était un petit homme incertain et prompt à s'énerver. Ce qui était dangereux quand on était armé et plus qu'apte à se servir de ses lames. L'entraînement, l'entraînement. Il inspira profondément une fois, deux, puis reprit sa place. Le soleil atteignait presque l'horizon. Les négociations n'avaient pas duré longtemps, c'était certain. Cet homme... Il y aurait un conseil ce soir, pour décider de la marche à suivre. Le Chef de Troupe avait accepté son argent, et le mènerait à la Cour, mais uniquement s'il n'était "que" un hors-la-loi. S'il s'agissait d'un hérétique, s'il avait aidé un Seigneur Ailé...

Le danseur eut une courte mais fervente pensée pour les Dragons Émeraudes. Il avait déjà aidé des hérétiques sans l'aval du Chef, ce qui lui avait valu toute une nouvelle et inédite série d'ennuis. Mais il ne s'arrêterait pas pour autant. Il ne cachait pas particulièrement qu'il était Vaughñ, mais il ne le criait pas sur les toits, ni même le fait qu'il ait été élevé dans la tradition, et qu'il possède une fraction de la magie d'antan. Une portion minime et mal entraînée, mais malgré tout... Quelque chose dans l'air le rendait agité. Des ennuis, en perspective. Mais peut-être rien de grave. Il l'espérait, sincèrement.

Un profond soupir de soulagement lui échappa lorsque la caravane s'arrêta sans encombre, une fois la nuit presque tombée. Pas de brigands pour ce soir, il était rassuré. Et pourtant, cette petite étincelle de malaise n'avait pas disparu. Il n'y faisait simplement plus attention.


Les roulottes se sont installées en demi-cercle autour d'un foyer crépitant. La nuit tombe doucement mais sûrement sur les silencieuses montagnes. Chacun vaque à ses occupations. Les enfants ont rapporté le bois et aident maintenant quelques artistes à préparer le repas, ou à rafistoler quelques vêtements et instruments. Mais une bonne partie de la troupe semble avoir disparu, de même que le gros visiteur. Silencieusement, l'oiseau descend de son perchoir, et une souris se faufile derrière la roulotte, plus loin. Ils sont presque tous là, bien sûr. Mais presque.

Non, j'ai beau cherché, notre jeune héros tout de bleu vêtu et l'imposant visiteur ne sont nulle part. Quelques minutes de recherche dans la montagne, à traquer leur piste sur les cailloux, et nous les retrouvons. La saynète qui se déroule dans cet endroit semble intéressante, et nous nous rapprochons pour y regarder de plus près. Le jeune danseur est debout, passant alternativement d'un appui sur l'avant à un appui sur l'arrière du pied. Il se mordille la lèvre, semble incertain. Le marchand a l'air en meilleur état. Il respire mieux, serein. Il exsude la confiance en lui qui lui a certainement permis de s'enrichir aux dépens des autres. Et ses paroles, que nous n'entendons pas encore, ne semblent pas exactement au goût du jeune saltimbanque...

Ce marchand ne se rendait pas vraiment compte de sa situation. Il restait persuadé qu'il était en sécurité, maintenant qu'il avait payé son passage. Mais rien n'était moins sûr. Il ignorait ce qu'il avait bien pu dire, mais le Chef de Troupe avait eu un doute. Il lui suffisait d'un soupçon d'hérésie pour qu'il le jette à la rue, en gardant les espèces sonnantes et trébuchantes. Après tout, un hérétique n'avait pas besoin d'argent quand il était entre les mains de l'Inquisition. Cependant, Lan ne pouvait rien faire, car il n'était sûr de rien. Il se retrouvait donc à devoir le surveiller, tentant de faire bonne figure et de découvrir ce qu'il fuyait et pourquoi, se demandant s'il se retiendrait de s'énerver. La condescendance. Oh, bien sûr, il était absolument navré de n'être qu'un petit saltimbanque. Non, non. Le problème n'était pas là. Il se contrefichait de ce genre d'honneur ou de valeur, la plupart du temps. Le véritable souci était qu'il...

Le bruit d'un cheval renâclant à proximité le fait se retourner, la main sur la poignée d'une de ses épées. Il gardait les deux sur lui en permanence, mais la moitié du temps, une seule était amplement suffisante. Les gens, comme ce marchand, pensaient souvent qu'il n'était effectivement qu'un garde du corps, et pas un artiste à part entière, malgré la fluidité de ses mouvements, malgré son intégration dans la troupe qu'il fréquentait depuis quelques années maintenant. C'était un peu vexant, en réalité, et une des raisons pour lesquels il était aussi sensible à ce sujet.

Il détourna le regard de la réaction du visiteur, fortement exagérée et effrayée, malgré son assurance affichée, et reporta son attention sur le nouvel arrivant. Il n'était pas rare que des chasseurs ou des messagers, des hommes de foi, ou les Dragons encore savaient quoi, rejoignent la troupe pour la nuit. Le nombre représente la sécurité, et on ne s'ennuie jamais avec les saltimbanques. S'ils savaient... Il secoua mentalement la tête avant de le détailler. S'il avait dû se prononcer, il aurait dit un guerrier, ou un chasseur, même si une arbalète n'était pas la meilleure des armes.

Il le salua poliment lorsqu'il démonta, satisfait de cette marque de... respect? Peut-être. Il n'était jamais agréable d'être regardé de haut. Quoique parler à une silhouette encapuchonné n'était pas plus confortable, mais il avait vu des gens bien plus étranges sur les routes. Il ne se laissa cependant pas impressionner, sa bonne nature et un certain désir d'apaiser le marchand prenant le dessus alors qu'un sourire amical et sincère animait son beau visage, faisant étinceler ses prunelles d'un joyeux gris perle:


"Le bonsoir à toi également, voyageur. Joins-toi à nous, je t'en prie. La Troupe va bientôt entamer son repas. Et il y a toujours les entraînements ensuite, pour occuper la soirée. Les jeunes sont toujours satisfaits de pouvoir se produire, même si le public subit plus qu'il n'apprécie. Notre ami voyageur et moi-même attendons simplement que l'on nous rappelle, si tu préfères attendre auprès du feu plutôt qu'en notre ennuyeuse compagnie!"

Rien n'avait été tout à fait faux. Notamment la réponse à la raison de leur présence. Le marchand semblait subitement muet, comme s'il se demandait encore qui pouvait bien chercher la compagnie des saltimbanques, de renommés arnaqueurs et voleurs d'enfants, en pleine nuit. Un soupir à mi-chemin entre l'exaspération et l'amusement échappa au danseur alors qu'il reprenait d'un voix veloutée, un peu trop basse pour sa corpulence:

"Soit, puisque le Ser ici présent ne souhaite pas entamer les présentations... Je me nomme Betelan, et toi-même?"


Lan parle en Steel Blue : #236B8E

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SUR ÆÐELMÆR DEPUIS LE : 16/12/2013
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Ce message a été posté le Jeu 26 Déc - 20:10.
Løtar verrait presque les mots sautiller hors de la bouche du jeune homme qui s'avère gaie luron. Que d'entrain, que d'impatience à inviter l'étranger. Et si j'avais été une femme, il m'aurait baisé la main ? Pensée gardée pour lui. Il est des choses qui se disent, et d'autres qui ne se disent pas... Enfin, l'Inquisiteur applique se concept surtout quand il s'amuse à être quelqu'un d'autre. Il n'a guère eut l'occasion de jouer un fou - quelle idée ! Cependant, nombre de ses excentricités lui seraient passées... A moins que ce ne soit déjà le cas, ho ? -, d'ailleurs. Mais ce n'est pas le moment.

La foule ? Des spectacles ? Aaaah sans façon, pas pour moi. Répond-il, l'air contrit. Enfin, pas pour le moment. Même s'il me faudra bien aller saluer le Chef de ta troupe à un moment, c'est la moindre des choses... Mais pour l'instant, je vais profiter encore un peu de l'obscurité, de la fraîcheur... Il frotte sa barbiche rousse d'une main distraitement, l'air perdu... Avant de tout bonnement s'esclaffer. Enfin, un peu d'intimité et la tranquillité de temps à autre, j'aime bien !

Et d'une certaine manière, c'était vrai... Rien de tel que l'isolement d'une bonne chambre de torture en bonne compagnie ( outils et prisonnier à interroger compris ) ! Exemple à ne pas évoquer. Pas tout de suite. Ce serait un peu trop... Pas correct, il suppose. Quant à son "jeu"... Il écoute le petit peuple parler aussi bien en cellules que dans les tavernes de la Cité Grise. Un petit pichet dans un coin de la salle, et oreilles ouvertes pour la soirée. En général, rien à se mettre sous la dent, si ce n'est de la matière pour une future imitation.

Enchanté Betelan ! S'exclame-t-il, avant de se tourner vers le marchand, toujours les rênes dans une main. Mais puisque le Ser m'a l'air un peu nerveux, je vais pas faire durer le suspense. Dit l'Inquisiteur avec bonne humeur, en adressant un sourire jouer à l'adresse de sa future "bonne compagnie". Avant de s'incliner avec emphase, faisant voler l'un des pans de sa cape. Malkar, messieurs, tel est mon nom ! Et qu'il se redresse avec une parfaite maîtrise de son vêtement : la preuve, capuche toujours en place, l'ombre mettant en valeur l'éclat de ses dents, dans un disque de visage pâle offert aux lunes qui se lèvent. Mercenaire. Entre autre, du simple voyageur à la caravane, j'escorte tout ce beau monde, en échange d'un modeste salaire. Enfin, la plupart du temps. J'escorte, je veux dire, pas le salaire qui... Fait mine de ne plus savoir où il en est... Se tait, puis reprend, sous l’œil un peu perplexe du marchand. Mais aujourd'hui, non ! Je me balade à mon compte. De la famille à voir. Voir un peu comment ils vont, avoir un peu de temps pour tricoter... Brusque grimace, et éclat de rire. Oh une mauvaise habitude que je dois à ma grand-mère ! C'est ce qu'elle trouvait de plus intéressant pour m'occuper. Mais aller pas le répéter que malkar a ce passe-temps, hein ? Clin d'oeil complice à Betelan et au marchand.

Ah ce que l'Inquisiteur avait ri quand, en avouant tout et n'importe quoi, l'un des hommes qui passa entre ses mains lui avoua ce "secret" ! Ce qu'il lui avait été sympathique. Aveux rapides et originaux, après quoi il avait pu expérimenter sa magie à son aise sur le gaillard. Quels doux souvenirs...

Bon, mon bon gars, c'est à toi je crois. Adressa-t-il soudain, tout sourire, au marchand.

L'intéressé s'empourpra, un peu brusqué par tant de familiarité. Mais la crainte semblait s'être envolée de ses prunelles d'un marron mou, quand il répondit, avec toute la dignité malmenée d'un bourgeois devant souffrir de dialoguer avec un rustre.

Yvân Galrõde. se présenta-t-il, avec tout le charisme d'un cochon d'abattage. Je suis le propriétaire d'une boutique de la Haute Ville...

Ayant l'envie de titiller la grosse limace baragouinant de contentement qu'il avait sous le nez, Løtar ne résista pas à la tentation.

A, ce serait pas les "Affaires Galrõde" ? Ou non attend, les "Oeuvres Galrõde" ! Dit le faux mercenaire. Une fille de ma dernière caravane arrêtait pas d'en parler... C'pas trop dur de gérer cette affaire loin du comptoir ? Demanda l'Inquisiteur, goguenard.

La mine satisfaite qu'avait affiché un instant Yvân disparut presque aussitôt, alors qu'il se mettait à triturer ses doigts où l'absence d'éclats surprenait qui connaissait la réputation du commerçant, à porter moult de ses dernières créations pour en éblouir sa potentielle clientèle - mais lui le premier, supposait le faux mercenaire -.

Je... Je suis en voyage d'affaires. Tenta de répondre le Galrõde, à nouveau nerveux. Ma... Ma femme s'occupe de tout en mon absence...

Pas du trou où je l'ai laissé au moment de partir. Lui répondit mentalement et gaiement Løtar, avant de lui adresser une brusque tape sur l'épaule en signe de compréhension.

Bah je paris que la fille trouvera son content alors ! Asséna-t-il avant de se tourner vers Betelan, légèrement délaissé pendant ce petit "tête-à-tête" improvisé. Et toi t'es donc de la Troupe là-bas ? Pourquoi que vous devez attendre dans le noir alors ? Interrogea Løtar... Se demandant s'il y avait là quelque chose à exploiter.

Et Yvân de ne pas savoir quelle réponse donner et, en grand de ce monde, de jeter un regard presque suppliant au saltimbanque.


HRP:
 


sign

C'est très simple.

Tu ne coopères pas, je m'occupe de toi jusqu'à ce que tu le fasses.
Tu coopères, tu peux espérer que ton cadavre revoit la lumière du jour d'ici une semaine.

Des questions ?

Løtar, à un prisonnier

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DANS MES POCHES, IL Y A : Le strict nécessaire pour voyager, quelques sous, des vêtements dans un sac huilé, mais surtout le nécessaire pour chaque performance, deux lames en acier rangées dans d'élégants fourreaux bleutés pendus à un baudrier enroulé autour de sa taille.
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Ce message a été posté le Ven 27 Déc - 12:29.
La nuit noire ne facilite pas véritablement la vision que nous avons de la scène, ne trouvez-vous pas, amis spectateurs? Très bien, très bien, je vous ai entendus. Avançons-nous encore pour les entendre, alors que la lune, pour votre seul plaisir, sort de derrière les nuages gris qui l'avaient dissimulée. La scène se dévoile à nouveau devant nos yeux et débute le deuxième acte. Les protagonistes sont toujours les mêmes : le gros marchand, incertain, instables, richement vêtu, mais couvert de la poussière de la route. L'inconnu voyageur dissimulé sous sa houppelande, le visage plongé dans l'ombre, une arbalète accrochée dans le dos, un cheval à ses côtés. Et enfin, notre héros, serein, le sourire aux lèvres, les avant-bras appuyés sur la garde de ses épées, les mains croisées sur le ventre. Tous trois sont debout, et échangent. Nous n'entendons pas encore...

Le Marchand semblait s'être calmé, ce qui était une bonne chose. Mais le danseur n'en poursuivait pas moins ses efforts pour le mettre à l'aise. Mettre dans l'ambiance était une bonne partie du travail des saltimbanques. Pour lui, c'était simple. Un roulement de tambour craquant comme le tonnerre, hérissant les petits cheveux sur la nuque des spectateurs, un long chuintement semblable à l'arrivée d'un serpent et... lui. Tout simplement. Et la magie, une autre forme de magie, intervenait. Celle de la représentation, celle du spectacle. Celle qui faisait écarquiller les yeux des enfants, celle qui faisait battre plus fort le cœur des femmes, celle qui faisait applaudir les hommes. Et celle qui ouvrait leur bourse, également. Il n'était pas l'attraction principale, fort heureusement.

Tout cela pour dire qu'il n'avait pas besoin de passer par les mots pour faire entrer les autres dans son monde, d'ordinaire. Il n'était pas mauvais, bien sûr, mais il n'était pas un orateur à la langue de miel. Il préférait dire ce qu'il pensait, en se mettant en valeur si possible, et voilà tout. Le sourire ne quitta cependant pas son visage, même quand l'étrange homme encapuchonné commença à parler. C'était étrange. Il n'avait pas toujours l'air très cohérent. Mais s'il ne souhaitait pas rejoindre la Troupe immédiatement, soit. Lan n'avait jamais été une personne méfiante. Il n'avait pas d'argent à voler, et il était suffisamment jeune et arrogant pour croire qu'il pourrait se sortir de toute situation dangereuse à la force du poignet.

Il observa d'un œil expérimenté et appréciateur le mouvement de l'homme, Malkar. Le jeté de cape avait été bien exécuté, mais ce n'était pas un Maître. Pas un artiste, pour sûr. Cependant, il avait un certain panache. Même si ses propos n'allèrent pas en s'arrangeant. Le danseur tenta, en vain, de se retenir de rire. Il étouffa son éclat derrière sa main. Effectivement, le salaire... Il se rendit compte avec un haussement de sourcil qu'il était le seul à avoir trouvé ça drôle, et il commença à se mordiller la lèvre. Même cette histoire de tricot ne dérida pas vraiment le Marchand. Il avait l'impression que quelque chose lui échappait.

Cet homme fuyait visiblement quelque chose, ou quelqu'un. Quelle réputation avaient les saltimbanques pour qu'il leur fasse confiance, mais se méfie d'un mercenaire indépendant au pointe de... Au point de mentir, de toute évidence. Et de façon fort peu convaincante, de toute évidence. Quelque chose n'allait pas. Il n'avait prêté qu'une attention diffuse à ce qu'ils se disaient. Peu importait le nom de l'affaire du gros marchand, ou même les expériences du mercenaire. Le malaise croissant de l'invité de la Troupe ne l'aidait pas, et il n'avait pas eu le temps de lui parler. De lui demandait s'il fuyait la Garde ou l'Inquisition. Le talon de sa botte commença à taper le sol caillouteux en rythme. Il réfléchissait toujours mieux avec de la musique, avec un pouls extérieur pour guider sa pensée.


Notre héros, les bras croisés sur la poitrine, semble plongé dans ses pensées, et relativement oublieux du monde extérieur. Ses yeux gris, assombris par la pâle lueur de la lune, suivent malgré tout les deux autres protagonistes. Chaque mouvement est pris en compte, et un regard apeuré du gros homme le sort de sa transe. La douce musique qu'il avait fait naître sous sa botte s'interrompt sinistrement, résonnant en un écho allant s'affaiblissant pendant encore quelques secondes, alors qu'il libère sa lèvre inférieure de la pression de ses dents. Son sourire, alors qu'il répond, est plus réservé, presque mystérieux, et il lève les deux mains, paume vers les voyageurs. Un soudain souffle de vent porte ses paroles jusqu'à nos oreilles :

"Tradition de saltimbanque, désolé, je n'ai pas le droit d'en dire plus. Les Invités ne participent jamais à la préparation du premier repas qu'ils passent avec nous. Et quelqu'un est délivré de ses corvées pour éviter qu'il ne se perde. Si tu veux mon avis, Malkar, je ne perds pas au change. Entre éplucher des patates et profiter de la tranquillité de la nuit dans les Montagnes, mon choix est vite fait."

Un sourire amusé, une pointe de sympathie et d'humour, un volume bas, comme s'il partageait un secret avec lui. Le danseur n'a toujours pas bougé, immobile sur ses pieds de nouveau silencieux. Ses mains reposent à nouveau contre son abdomen, doigts entrelacés. Il a l'air d'un gamin bien trop jeune pour son métier présumé, et il le sait. D'amusé, le sourire devient taquin alors qu'il reprend:

"Il y a également un jeu auquel nous faisons jouer les voyageurs. Ils doivent deviner la spécialité des membres de la Troupe. Tu as bien compris que j'en étais, mais à quel numéro suis-je censé participer? Cela occupe bien les longues soirées, quand nous sommes avec tout le monde... Là, forcément, c'est un peu moins amusant... C'est comme de nous dire tu tricotais, on ne s'y serait pas attendu, et rien qu'avec cette information, nous sommes bons amis pour la soirée!"

Mais très instructif. Le marchand avait toujours l'air terriblement effrayé. A côté de quoi passait-il, exactement? Pas assez d'informations... Il n'en avait pas dit assez. Il espérait vraiment que la situation ne dégénèrerait pas. Et en même temps...

Laissons quelques instants cette saynète, sur laquelle la lumière se referme alors que, une fois encore, la timide lune disparaît derrière les nuages. Un peu plus loin, un jeune apprenti, convoqué pour avoir passé le trajet dans la même roulotte que le voyageur, explique qu'il a un mauvais pressentiment, que l'homme avait eu des propos tendancieux, confinant à l'hérésie. Et le Chef de la Troupe de lancer un regard à la ronde. Ils allaient devoir en parler un peu plus. Une sourde angoisse naît dans l'estomac du comédien alors qu'il espère, sincèrement, que le jeune danseur ne l'apprendra pas. Certains risques sont trop gros pour être pris, même lorsqu'ils portent sur des épaules jeunes et bien entraînées, et surtout s'il y a une famille derrière. Il détesterait devoir se débarrasser d'une de ses étoiles. Mais avoir des responsabilités signifiait parfois devoir prendre de difficiles décisions...


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Ce message a été posté le Ven 27 Déc - 15:37.
Et Løtar, alias Malkar, de passer sa main libre dans sa nuque, l'air vaguement gêné, avant qu'un sourire entendu ne se répande sur ses lèvres. A l'air de réfléchir un peu, Betelan... A quoi donc, j'adorerais que tu me le dises...

Aaaah les secrets des saltimbanques ! Accueillent toujours bien, tout en les gardant bien à l'abris... Réfléchit-il à voix haute...

Avant de se perdre un instant dans ses souvenirs. Quelques-uns en particulier. Ni plus ni moins qu'une Troupe entière, accusée d'avoir aidé des hérétiques. Les prendre un par un avait été particulièrement instructifs... Notamment sur leur ténacité quant à ne rien révéler sur leurs proches. Enfin, pour certains. Pour d'autres, la vue de la moindre lame s'approchant d'une partie sensible de leur corps les avait rendu aussitôt très bavard. C'est pourtant bien connu : plus les secrets sont bien gardés, plus ils est délicieux de les découvrir... Contre le gré des concernés. Enfin, tant de prisonniers à sa disposition... Un vrai plaisir, et l'archevêque avait appris tout ce qu'il avait besoin de savoir.

Le faux mercenaire de cligner doucement des yeux, revenant à la réalité. Pas seul. Oups ! pense-t-il, ravivant son sourire... Qui s'était changé en autre chose pendant sa petite absence. Quelque chose qui en avait les même attraits, tout en parvenant à ne pas délivrer le même message, mais un autre, beaucoup plus dérangeant. Il faut se reprendre, allez hop !

Déjà voyagé avec quelques-uns de vos semblables. Une joyeuse compagnie, bien moins prise de tête que certains.Déclare-t-il avec bonne humeur. Sans vouloir t'offenser. Dit-il au marchand, qui n'est pas assez bien dans ses chausses pour relever la petite pique.

Puis, l'Inquisiteur se tient bien droit, avant de dévisager le saltimbanque, son regard le détaillant de bas en haut avec un air concentré (celui que certains gars lui avaient déjà adressé, avant de réaliser sa fonction... Et la raison de sa présence). Comme toi mon ami... Ami pour la soirée, mais qui risque de déchanter.

Rien que toi, je sens que c'est pas clair, alors avec toute la troupe, je chercherais encore alors que le soleil se serait levé ! Finit-il par s'esclaffer, se laissant prendre au jeu. Bon. D'abord, t'as une épée. Mais t'es pas garde du corps. Enfin, je veux dire : vous n'êtes jamais que garde du corps. Et de décocher un sourire à Betelran, clamant son assurance d'être sur la bonne piste. Mais... Je dirais que tu manies quand même une lame. Je vois que le lanceur de couteaux pour faire ça... Mais tes couteaux à toi seraient quand même très longs. Baaaaah, l'obscurité m'aide pas ! Un vif geste de la main, pour montrer que, bien sûr, cela le frustre que de n'être pas sûr. Et puis... T'as un peu la bougeotte j'ai l'impression. Enfin non, justement, tu bouges pas ce que tu veux, mais ce que tu veux bouger, tu le fais bouger, et d'une manière très... Froncement de sourcils, alors qu'il essaie de trouver le bon mot. ... Bien, disons. Danseur alors ? Mais qu'est-ce que t'irais faire avec des couteaux alors ?

Pour parfaire le tableau, Løtar prit soin de se frotter encore la barbiche, pour montrer sa perplexité. Même si ce n'était pas ce qu'il l'intéressait, en réalité. Il ne perdait pas de vue ses objectifs, d'où qu'après un haussement d'épaules agacé, il s'adressa à nouveau au marchand. Avec la plus parfaite innocence du gars qui n'a que ça à faire de réfléchir à tout ce qui lui est dit. Et puis, le marchand avait l'air de se reprendre, à être ainsi hors de la conversation.

Mais Yvân, faudrais que tu m'expliques. Dit le faux mercenaire. Vu que ce n'est que ton premier repas... T'es parti aujourd'hui et... Je dois dire que je comprend pas trop : ta boutique doit bien marcher et... Il s'adressa à nouveau au saltimbanque, alors que le Galrõde le fixait avec de grands yeux, dans une certaine attente angoissée. C'est pas moi qui le pense, hein. Retour sur le marchand.Les saltimbanques ne sont pas vraiment l'escorte préférée des bourgeois. T'étais pressé, ou t'es très près de tes sous ? Et Løtar de conclure avec un air taquin, gentiment moqueur vis-à-vis du marchand.

Mais ce dernier ne goutta pas la plaisanterie. Au contraire, dans l'obscurité, il sembla même s'emporter davantage, ce qui se fit largement entendre dans sa réponse.

Cesse avec tes questions, mercenaires ! Ton indiscrétion est insupportable ! Dit Yvân avec un énervement fébrile.

Cette fois, l'Inquisiteur ne fit pas marche arrière, et ne présenta aucune excuse. Il demeura là, dominant le petit et rembourré homme, avec toute l'assurance de celui qui sait de quoi il retourne... Ce n'était qu'une impression floue, sur laquelle il était difficile de mettre un nom. Mais elle finit par frapper le marchand, dont l'hostilité s'évanouit, alors qu'il retombait dans un mutisme oppressé.


sign

C'est très simple.

Tu ne coopères pas, je m'occupe de toi jusqu'à ce que tu le fasses.
Tu coopères, tu peux espérer que ton cadavre revoit la lumière du jour d'ici une semaine.

Des questions ?

Løtar, à un prisonnier

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Ce message a été posté le Sam 28 Déc - 1:58.
Pendant que notre héros change de costume et se prépare à entrer de nouveau en scène, retournons dans les coulisses, où les discussions intenses se poursuivent avec ferveur. Mais penchons-nous plutôt sur un protagoniste que nous avons déjà maintes fois évoqué, mais sur lequel nous ne nous sommes pas encore attardés. Peut-être ne voyez-vous pas encore de qui je parle. C'est cet homme, qui parle avec véhémence, soulignant chaque mot important d'un mouvement appuyé de la main. Un homme visiblement sûr de lui et de son autorité. Un homme qui sait utiliser son corps et poser sa voix. Un comédien, à n'en pas douter. Cela, il l'est, certes, mais il est aussi bien plus. Certains l'appellent Maître de Caravane, d'autres Chef de Troupe. Sa femme et sa fille l'appellent simplement Gavrim. Un fervent défenseur de la Religion. Il a déjà participé, paraît-il, à l'arrestation d'une autre Troupe, accusée d'hérésie. Les saltimbanques sont une famille, mais ils ne sont pas nécessairement solidaires entre eux. Et le comédien n'avait jamais été charitable lorsque cela concernait certaines lois. Les lois des hommes n'avaient que peu d'importance, et il entretenait des relations amicales avec la Cour des Miracles. Mais il était certaines choses sur lesquelles il ne transigeait jamais.

Et parce qu'un problème ne venait jamais seul, il avait des soupçons sur un membre de sa propre Troupe, et surtout, un visiteur potentiellement encombrant sur les bras... Après avoir questionné l'apprenti sans relâche, il en concluait qu'il lui fallait parler plus sérieusement avec ce marchand. Véritablement. Et changer le garde qui s'occupait de lui. Si Betelan se rendait compte qu'il s'agissait potentiellement d'un hérétique... Nul besoin de dire qu'il ne voulait pas perdre un membre, même récent, de la Troupe. D'autant plus que ses talents étaient rares, et que son Maître avait été un artiste reconnu... Les sourcils froncés, l'air visiblement mécontent, il quitte le regroupement et s'avance vers l'endroit où il sait pouvoir trouver le visiteur et son gardien.

Nous suivons son avancée, sur ses talons, et apercevons sa mince et élégante silhouette entrant dans le champ de vision de notre héros. La scène change, et notre perspective aussi. Les trois protagonistes sont ici, à nouveau. Des paroles ont été échangées. Le gros marchand, proche, si proche, de la panique, a été repoussé plus loin, et le jeune danseur s'est interposé entre celui-ci et le mercenaire caché sous sa houppelande. La situation semble inextricable, mais pourtant...

Le sourire du jeune homme s'était changé en expression perplexe devant les réflexions obscures du mercenaire. Les secrets des saltimbanques. Il y en avait de nombreux, notamment en rapport avec la Cour des Miracles. Et certaines démarches, certaines façons de faire, certaines routes. C'était ce qui rendait les transferts, les "échanges", si complexes. Et ses capacités d'observation, de la même façon. Remarquer, avec si peu d'éléments, qu'il était danseur... Malkar n'était pas aussi fou qu'il en avait l'air, fort probablement. Il ne servait à rien d'apporter des précisions, et d'ailleurs, il n'en demandait pas. Il avait préféré se tourner vers le marchand, toujours aussi mal à l'aise, pour le harceler de questions.

Le sourire avait disparu du visage du danseur. Quelque chose n'allait vraiment pas. Certaines pièces du casse-tête ne s'imbriquaient simplement pas les unes dans les autres. Il y avait autre chose. Et l'énervement subi du Marchand ne fit que le confirmer. Quelques instants, il avait espéré des excuses, et un retour à la normale, mais ce n'était pas dans les plans de la soirée. Il ne voulait pas d'ennuis, il ne voulait pas tirer l'épée, il ne voulait pas... Que la situation dégénère. Il ne voulait surtout, surtout pas être au milieu de ce conflit, prendre position. Et pourtant, il s'était avancé, s'était interposé, levant une main vide et amicale vers le mercenaire, sans le toucher, et repoussant le marchand de quelques pas. Sa voix n'était plus exactement aussi enjouée qu'auparavant, mais elle restait agréable, amicale, alors qu'il tournait le regard alternativement vers l'un ou l'autre:


"Allons, allons, Messieurs, un peu de calme. Yvan, je te rappelle que quand tu demandes l'hospitalité de la Troupe, que tu aies payé ou non ton passage, tu es soumis à ses règles. Le respect du voyageur, je te prie. Quant à toi, Malkar, il n'est jamais de bon ton de sous-entendre qu'une Troupe héberge..."

Un brusque mouvement à la périphérie de son champ de vision détourna son attention. Un sourcil fut haussé alors qu'un souffle lui échappait. Le Chef de Troupe? Ici? Ça ne pouvait pas être une bonne nouvelle... Un pas glissant l'amena de l'autre côté, laissant les problématiques visiteurs faire tampon entre lui et l'autoritaire comédien alors qu'il détournait les yeux. Non, définitivement pas une bonne nouvelle...

Retrouvons donc la scène à l'endroit où nous l'avons laissée. Les quatre protagonistes ont pris place. Sur les planches, le gros marchand mal à l'aise, se dandinant dans sa vaine colère et sa panique risible et inutile. Le mercenaire mystérieux enroulé dans sa cape, au ton agressif et à l'esprit bien moins fou qu'il n'y paraît, posant de multiples questions poussant à la faute. Le héros hésitant sur la conduite à tenir, entre le bien et le mal, le juste et la facilité, la normalité. Et enfin, le Chef, figure paternelle et d'autorité, venue équilibrer le débat et apporter les informations nécessaires à l'avancement de l'intrigue.

Celui-ci s'avance, et la surprise qui aurait pu se peindre sur son visage est soigneusement dissimulée. Ou n'a jamais existé. Difficile à dire, car rien, à part son beau visage mature et terriblement neutre, n'est visible dans la lueur de la lampe qu'il porte. Ses vêtements simples n'apprennent rien sur son statut, mais la déférence du danseur est visible, malgré ses réticences, encore plus ostensibles. Un froncement de sourcil à son encontre lui fait relever le menton et croiser les mains sur son ventre, plus près de la garde de ses lames jumelles. Une voix posée s'élève alors que la lune, fort à propos, sort de sa couverture nuageuse. Elle est sereine, bien entendu, mais ne souffre pas de discussion:

"Voyageurs... La salutation à toi, mystérieux visiteur nocturne. A toi également, Yvan. Tu n'as pas encore partagé le repas, mais la Troupe est arrivée à une décision. La Caravane te refuse son hospitalité. Tu ne partageras pas le repas et les jeux, et tu seras gardé jusqu'à pouvoir reprendre la route par tes propres moyens, au petit matin. Bien entendu, l'acompte versé n'est pas remboursable... Betelan, tu es relevé."

Refuser l'hospitalité? Ce n'était pas possible! La Troupe ne refusait l'hospitalité que... Que s'il y avait un soupçon d'hérésie. S'il le gardait, il aurait les moyens de le faire s'enfuir, prendre de l'avance avant qu'ils n'atteignent la prochaine ville et ne le dénoncent. Il faudrait agir vite. Lui indiquer la Cour, lui donner une invitation, peut-être? Il n'en avait pas l'autorité, il faudrait en subtiliser une. C'était risqué, mais... Puis la fin du discours du Chef le frappa finalement. Il était relevé? Sa mâchoire se serra alors que ses pieds s'écartaient imperceptiblement. Une position de combat, à n'en pas douter. Par les mots uniquement, du moins pour l'instant. Sa voix n'était plus amicale, et le calme menaçait de la quitter à tout instant. Et pourtant, elle n'avait jamais été aussi pleine:

"Maître... Il n'y a personne d'aussi bon que moi. Et nous avons un autre invité qui demandera peut-être l'hospitalité. Se passer de mes services n'est peut-être..."

Aucun moyen de terminer cette phrase sans sous-entendre que ce serait une mauvaise décision. Il laissa simplement sa voix mourir dans la nuit. Il était jeune, fougueux, impulsif, mais pas encore entièrement fou. Un saltimbanque sans Troupe ne survivait pas longtemps, et il savait que sa situation n'était déjà pas des plus reluisantes. Sa crédibilité en avait pris un coup à cause de cet autre hérétique qu'il avait aidé. Pour lequel il avait tué. Il inspira profondément l'air froid de la montagne avant de finalement baisser la tête. La décision n'était plus entre ses mains, désormais...


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Ce message a été posté le Sam 28 Déc - 3:38.
L'Inquisiteur accueillit l'arrivée du Chef de la Troupe d'un regard ennuyé, pour cet intrus qui venait le distraire de sa cible, et de l'intervention partant d'une si bonne attention - mais fort comique, il fallait l'avouer : sous-entendre, lui ? Mais il ne posait que de simples questions voyons ! -. Mais consciencieusement, il rendit tout de même son salut au supérieur hiérarchique de l'autre jeunot... Avant son sourire ne s'élargisse en entendant la sentence tomber, de même que le marchand perdait toutes couleurs. Hospitalité refusée ? Mais voilà qui tombait fort fort bien ! Aussi, alors que Betelan prononçait quelques vaines paroles - qui ne tombèrent point dans l'oreille d'un sourd, néanmoins - l'Inquisiteur se permit de lui tapoter l'épaule, et de... Lui mettre les rênes de sa monture dans les mains. L'occuper ainsi plutôt qu'à réfléchir d'une aussi mauvaise manière. Suite à quoi, sans laisser au supposé danseur ou lanceur de couteaux le temps de protester, Løtar s'exprima d'une voix soudainement amicale, mais basse, et d'un tout autre registre. Plus susurrante. Moins... Débile en somme.

Pas d’hospitalité pour Ser Galrõde ? Mais alors, laissez-moi vous rendre ce service. annonce tranquillement Løtar aux saltimbanques. Mes talents sont à votre disposition et... Je vais même me mettre à la tâche dans l'instant. Geste de la main en direction du marchand à qui il tournait le dos. Quelques précautions à prendre néanmoins. Aussi aurais-je besoin de corde. Pour ne pas lui laisser l'occasion de s’éclipser, par exemple.

Et l'Inquisiteur de ne pas être étonné d'entendre soudainement un bruit de course hasardeuse derrière-lui. Bon qu'à se cacher. Pour la fuite, il n'aura pas le droit à une autre tentative.

L'aurais-je effrayé ? s'amusa-t-il, tout en portant une main à son visage...

Qui poursuivit son vol jusqu'à l'épaule d'où saillait le manche de son arbalète, pour l'en armer et lui permettre, après avoir fait volt-face, de prendre un instant pour viser et... Tirer. Toujours avoir l'arme chargée avant d'aller saluer un hérétique. Avec tant de naturel, et une telle absence d'hésitation que, si le mouvement n'avait pas consisté à bouger une relativement lourde et massive pièce de bois ouvragée, il eut sans doute était d'une grande discrétion. Mais bon, cela restait une arbalète, et Løtar avait agi sous le nez des saltimbanques. Un hurlement de douleur, et le bruit d'un corps s’affaissant lourdement sur un sol caillouteux indiqua un tir réussi, que le tireur salua d'un claquement de langue satisfait.

Voilà qui devrait suffire pour le moment. commenta-t-il avec une froide bonne humeur. Excusez-moi un instant...

Tout en rangeant son arme, l'Inquisiteur s'avança tranquillement vers sa cible, dont la silhouette gémissante et agitée se devinait dans la semi-obscurité, les feux de la grande Troupe éclairant quelques peu les alentours, à la faveur d'un espace entre deux roulottes. Oh, et pour faire les choses correctement, Løthar se rappela d'énoncer l'accusation valant au fuyard un superbe carreau d'arbalète enfoncé dans l'une de ses cuisses. Enfin, il aurait pu simplement le rattraper à la course... Mais beaucoup d'efforts pour bien moins de plaisir.

Yvân Galrõde, en notre glorieuse Cité, tu as été reconnu coupable d'hérésie par l'Inquisition, au service de la haute autorité du Clergé. Déclara-t-il avec une horripilante gaieté, alors même que l'intéressé braillait sa douleur. Ta prochaine destination est donc la Cité Grise, où l’archevêque Mirøslav Raið'Hri t'offrira l'hospitalité correspondant à ta situation. Sur ce...

Enfin, il atteignit Yvân. S'il ne put voir la sans doute glorieuse expression exprimant son intense souffrance, Løthar la devina à son actuelle puissance vocale. Un autre don qu'il lui découvrait. Sans plus de délicatesse qu'un boucher, le faux mercenaire retira une première chaussure au marchand... Avant de lui sectionner proprement l'un des tendons de la cheville, à l'aide de l'un des couteaux de sa manche. Après quoi il fit de même avec l'autre. Une fois la besogne exécutée, il asséna un coup de pied au marchand, dans la cuisse blessée, pour le calmer alors que les hurlements avaient redoublé. Sans aucun égard pour l'homme qu'il venait de priver à jamais du cadeeau des Seigneurs Ailés qu'était la capacité de marcher.

Sans faire davantage de manière, Ser Galrõde trouva judicieux de s'évanouir.

Après quoi l'Inquiteur se retourna vers Betelan et le Chef de la Troupe, tout en rangeant sa lame.

Ainsi, il devrait se tenir tranquille jusqu'à la Cité. Les gardes s'occuperont de marcher pour lui. Leur dit-il, ravi de ce petit intermède, tel un enfant ayant enfin eut la permission d'aller jouer. Sinon, cher Betelan, de quels 'services' parlais-tu donc ? Et tu ne m'as pas répondu : quelle est ta place dans cette Troupe, au Chef si éclairé ? Ces deux questions posées avec autant de douceur que du sel sur une plaie ouverte.


sign

C'est très simple.

Tu ne coopères pas, je m'occupe de toi jusqu'à ce que tu le fasses.
Tu coopères, tu peux espérer que ton cadavre revoit la lumière du jour d'ici une semaine.

Des questions ?

Løtar, à un prisonnier

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Ce message a été posté le Sam 28 Déc - 20:45.
La scène n'est pas difficile à décrire. Vous la voyez comme je la vois. Le Chef de Troupe hoche la tête, comme s'il avait déjà compris ce qui allait se dérouler. Il prend même sur lui de faire le tour, pour aller poser la main sur l'épaule de notre héros, alors que celui-ci rattrape les rênes précipitamment.

Il n'était pas un fichu palefrenier. Pour qui le prenait-il? Et pourquoi donc le Chef de Troupe tentait-il de le retenir? Qu'avait-il vu, qu'avait-il compris qui lui échappait encore? Puis tout s'enchaîna, vite, trop vite. En réalité non. Ce n'était pas trop rapide. Il avait entendu les mots, les avais, enfin, trop tard, compris. Trop lent, Betelan, comme toujours. Trop de temps pour comprendre qui étaient les hérétiques, trop de temps pour repérer l'Inquisition. Ce n'aurait pas été la première fois qu'il aurait risqué sa peau pour ça. Pas la première fois qu'il aurait sacrifié celle de quelqu'un d'autre pour la même raison.

Il avait été prêt à le faire, à jeter les liens de ce stupide cheval, à dégainer son épée, à plonger avec plaisir sa lame dans le corps de cet Inquisiteur. Il ne haïssait pas l’Église en soi. Juste ses méthodes, juste ceux qui la représentaient. Mais il avait senti la main sur son épaule, le bras autour de sa taille. Il n'avait pas besoin de force pour le retenir. Il avait suffi qu'il soit là. Il avait l'autorité, il représentait la famille. Il représentait la Troupe, tous les bons moments, tous les voyages passés avec eux, tous les souvenirs. Il avait dû quitter la première à cause d'un problème similaire. Et il se demandait véritablement ce qui valait le plus la peine, entre ses convictions, ses croyances, son honneur, son intégrité et sa sécurité, son entourage, son art et sa passion.

Il avait essayé de se débattre, avec son corps, avec son esprit, mais il ne pouvait rien faire. Il entendait les paroles de Gavrim. Celles qui lui rappelaient que l'homme était un hérétique. Celles qui lui rappelaient que celui qui le pourchassait, qui l'avait chassé comme une vulgaire lapin, d'un coup d'arbalète dans le dos, était un Inquisiteur, contre lequel il ne fallait pas lutter. Celles qui lui rappelaient que toute la famille encourait des risques s'il faisait quoi que ce fut. Celles, aussi, qui le menaçaient d'être expulsé de la Troupe s'il ne se calmait pas immédiatement.

Mais il ne pouvait pas, pas alors que les hurlements allaient crescendo. Pas alors qu'il prononçait sa sentence. Cet étrange voyageur, qui n'était pas plus mercenaire que lui religieux. Lorsque les cris, enfin, s'évanouirent, le jeune danseur s'effondra tel une marionnette dont on aurait coupé les fils. A genoux sur la terre caillouteuse, un poing resserré sur les rênes, l'autre autour d'une pierre qui lui blessait la paume, il baissait la tête. Il était profondément choqué par sa propre lâcheté. Il avait toujours été tellement sûr de lui, de sa capacité à résoudre n'importe quel dilemme à la pointe de l'épée. Et rien, jamais, n'avait véritablement contredit sa vision du monde. Il sentit la main crispée du Chef de Troupe sur sa nuque, mais il savait que le reste de son corps était parfaitement détendu, et son visage satisfait. Il n'avait pas besoin de le voir pour ça...


Pour l'instant, concentrons-nous à nouveau sur l'homme encapuchonné, toujours aussi curieux, malgré ce qu'il vient de faire, et qui revient vers les figures silencieuses. Le cheval dissimule la posture du héros défait, agenouillé. Le Chef de Troupe, en revanche, semble triomphant, souriant à l'homme de foi, la main nonchalamment posée sur la nuque du jeune danseur. La voix posée, calme, et reconnaissante s'élève à nouveau dans la nuit alors qu'il prend sur lui de répondre aux questions posées :

"Excusez le petit, il ne supporte pas très bien la vue du sang. Il a même des difficultés à manger de la viande, pour vous dire."

Un froncement de sourcil en direction de la silhouette prostrée. Déception, probablement. Exaspération, un peu.

"Betelan est un de nos meilleurs danseurs. Et accessoirement un des jeunes homes en bonne santé qui posent comme nos garde du corps pendant les trajets. Ils dissuadent les malandrins, sans avoir à jamais se battre, et fort heureusement. Nous sommes souvent forcés de les prendre jeunes et ils ne comprennent pas tout. Mais je vous en prie, venez donc partager notre repas, un de nos artistes expérimentés s'occupera de surveiller l'hérétique."

Et de forcer le jeune homme à se relever en amorçant le mouvement d'un geste sec, lui tirant les cheveux. Sa peau est pâle, son visage tiré, ses yeux un peu hagards. Il lâche la pierre d'un mouvement vide, alors que son main retombe à son côté. Il tient toujours les rênes, ne sait qu'en faire. Sa main tremble, légèrement. Il apparaît véritablement jeune, sans l'arrogance et l'assurance dont il a fait preuve précédemment. Car il sait, désormais. Il sait...


Lan parle en Steel Blue : #236B8E

Soyez gentils avec moi ! Je n'ai encore mordu personne...

SUR ÆÐELMÆR DEPUIS LE : 16/12/2013
MISSIVES ENVOYÉES : 61
PIÈCES : 0 Couronne d'Or, 6 Pistoles d'Argent, 17 Sous de Cuivre
JE SUIS DE LA RACE : des £ugaïð.
MON ÂGE EST DE : Une vingtaine d'années.
ON ME RECONNAIT COMME : Le grand inquisiteur du Clergé.
CRÉDITS : Larbesta (sur DA)
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Voir le profil de l'utilisateur http://aedelmaer.forumactif.org/t152-ltar#249 http://grooveshark.com/#!/album/Dante+s+Inferno+Original+Videogame+Score+Disc+1/6126341
Ce message a été posté le Mer 8 Jan - 0:13.
Le charmant Inquisiteur éclata tout bonnement de rire revenant auprès du Chef de Troupe, et de son "danseur" si mal.

Ah ah, je n'étais pas bien loin ! dit-il en adressant un sourire amusé à Betelan, des mains duquel il récupéra les rênes de sa monture. Et un garde du corps... Supportant mal la vue du sang. Voilà qui est original. Vraiment. Continua Løtar, sa voix perdant bientôt toute chaleur alors que sa face se parait d'une mascarade de sourire, adressé au Chef.

Je me doute bien, oh je me doute bien... Mais je vois aussi que tu n'es pas prêt non. Pas prêt à mettre en jeu ta Troupe pour des hérétiques.
Pensait-il, dans cet espace de son être où se trouvait son esprit gangrené... Et si dévoué à la cause de l’archevêque ! Ils sont là, tous deux devant lui, le garçon courbé, assommé par une quelconque émotion trop brusque ? Ou par l'autorité de cet homme adulte, si mature et avisé, dont la main repose sur sa nuque comme celle du maître sur son chien bien dressé. Pas si bien, puisqu'il doit le tenir. S'amuse l'Inquisiteur. Son esprit pense un instant à l'hérétique neutralisé... Le confier à un saltimbanque ? Vraiment ? Alors que l'un d'entre eux se montre déjà si "faiblard" devant les actes d'un homme dont les talents servent le Clergé - avant tout l'archevêque, certes, mais cela va de soi -... Bah ! Pourquoi refuser une hospitalité si agréablement offerte ? Il n'avait même pas vu le temps passer, à l'écart de la préparation de son "premier repas" avec cette trouve ! Aussi inclina-t-il la tête à l'attention du l'homme debout, en signe de reconnaissance.

Une invitation que je ne peux qu'accepter qu'avec joie. susurre-t-il, son regard ne pouvant s'empêcher de dériver quelques fois, à la faveur de l’obscurité, vers la silhouette du jeune Betelan. Quant à ton homme, je gage que tu en choisiras un moins 'sensible', que ton ami ici présent. La voix serait presque taquine s'il ne s'y faisait pas entendre un jugement, une mise à l'épreuve...

Même si l'Inquisiteur doutait que l'homme fasse quoique ce soit contraire à tous ses actions jusqu'à présent. Raison était sans doute son deuxième nom. Gentil mouton gris...

Mais ne traînons pas davantage ! s'exclama-t-il soudain, manquant faire sursauter son cheval que la fatigue rendait somnolent. Il me tarde que d'apprécier la compagnie de votre troupe ! Même si je n'ai pu guère apprécier les talents de Betelan ce soir... Son regard se fit acéré, unique manifestation que l'Inquisiteur eut à assister à la manœuvre... Pour ensuite s'occuper du garçon dans ses geôles, quelqu'un chose lui soufflant qu'il eut pu être sa cible. Il m'a pourtant fait bonne impression, simplement en étant lui-même ! Le spectacle de tous tes artistes réunis ne manquera pas d'égayer encore cette soirée, autant que le faire se peut ! Et soudain, il n'est plus un être joyeux fendillant son masque pour le plaisir d'être lui-même... Non, il était à nouveau Malkar, qui avait côtoyé des saltimbanques et en appréciait toujours la dextérité.

Et s'il lui était possible d'en récupérer quelques membres 'égarés', que les Seigneurs Ailés reçoivent l'une de ses rares et hypocrites prières de remerciement !


sign

C'est très simple.

Tu ne coopères pas, je m'occupe de toi jusqu'à ce que tu le fasses.
Tu coopères, tu peux espérer que ton cadavre revoit la lumière du jour d'ici une semaine.

Des questions ?

Løtar, à un prisonnier

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Le saltimbanque, l'hérétique, et l'inquisiteur. [Terminé]

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