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Qui va là? [Uonde Baeth]

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SUR ÆÐELMÆR DEPUIS LE : 24/12/2013
MISSIVES ENVOYÉES : 123
PIÈCES : 5 Couronnes d'Or, 0 Pistole d'Argent, 24 Sous de Cuivre
JE SUIS DE LA RACE : des £ugaïð.
MON ÂGE EST DE : 17 ans
ON ME RECONNAIT COMME : Esclave et protégée de Jåemiah
DANS MES POCHES, IL Y A : Une dague, un coquillage bleu acheté dans une boutique je ne sait pas trop pourquoi, un sauf-conduit de son maître lui permettant d'aller et venir en ville, quelques pièces de monnaie pour le quotidien.
CRÉDITS : Elisåba Kalìañi
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Ce message a été posté le Lun 10 Fév - 21:39.
La nouvelle était tombée plus brutale qu’elle n'était attendue. Depuis des semaines chacun savait que le roi se mourrait des suites d'une vieille blessure et chacun s'était fait à l'idée de sa disparition prochaine. Certains supputaient même sur les chances des uns et des autres à prendre la succession. Sans surprise cependant la reine Gwendaëlh d'Æd prenait la régence en attendant une plus grande maturité de celui que la défection de l'héritier naturel avait propulsé à un poste qu'il n'était pas prêt à assumer.
Malgré son statut d'esclave, Elisåba avait appris la nouvelle dans les premiers. Sa position au milieu des gens parmi les plus haut placés du royaume ne pouvait le tenir à l'écart d'un tel événement. Très vite elle sentit un poids sur le cour et la cité, poids qui la surprit. C'était comme si personne ne s'était préparé à cette disparition. Peut être le chagrin de la perte d'un monarque aimé ? Peut être les incertitudes de l'avenir ?
Elle était comme chaque fois la discrétion même. Un peu spectatrice extérieure en même temps qu'actrice. Disponible dévouée, invisible sauf pour quelques uns
L'archevêque avait annoncé la nouvelle à sa protégée l'Oracle de la façon la plus neutre dont il était capable tout comme à son habitude et cette dernière avait reçu cette annonce avec la retenue due à son rang. Ce ne fut que lorsque … et Elisåba se retrouvèrent seules que la jeune fille put s'abandonner dans les bras de sa chaperonne. Si elle n'était pas si proche du roi que cela il en était tout autrement de ses rapports avec le prince. Chacun savait qu'ils étaient extrêmement liés et les pensées de la jeune fille allaient d'abord vers le jeune homme dont elle imaginait sans peine la douleur. En second lieu, elle imaginait déjà que les responsabilités qui ne manqueraient pas de pleuvoir sur les épaules inexpérimentées du prince  n'auraient d'autre effet que de les séparer. Finis les escapades, les confidences, les fous rires partagés.
Elisåba se mit donc en devoir de consoler Luåine. Comme à son habitude, elle faisait passer le bien être de sa maîtresse qui était devenue au fil du temps bien plu que cela, avant ses propres sentiments qu'elle ne livrait qu'au cas où elle ne les jugeait pas parasites à la tranquillité d'esprit de l'Oracle et qu'elle y était invitée. Ce n'est pas que la protégée de l'église soit négligente ou désinvolte vis  à vis de son esclave, mais ce n'était pas son rôle de s’enquérir de ses états d'âme etElisåba le comprenait fort bien.
Les mois passeraient sans doute encore nombreux avant que le prince ne soit intronisé et nul doute qu'il aurait encore la possibilité de s'évader des arcanes de la cour comme il le faisait déjà. Et de doute façon, il fallait que la jeune fille se rassure : une amitié comme la leur ne pouvait s'éteindre même sous les assauts des responsabilités du pouvoir... L'esclave ajouta encore une pincée de souvenirs parmi les plus heureux et fini par obtenir les premiers timides sourires.
De son côté la jeune esclave essayait d'imaginer le prince en monarque du royaume et se sentit assez fier d'appartenir au cercle de ceux qui le connaissaient sans doute le mieux. Iöllan d'Æd Roi ! Il fallait bien se rendre à l'évidence, il n'y était pas préparé maisElisåba savait qu'en temps voulu il saurait prendre les rennes que le destin lui tendait. La reine serait sans doute une bonne régente. Elle avait beau sonder son propre cœur, Elisåba ne parvenait pas à se sentir véritablement triste à la nouvelle du décès  du roi Caspian. De son côté le roi était mort depuis plusieurs semaines et elle s'étonnait de la réaction ambiante. Le prince lui-même avait accusé le coup de façon touchante et mouvante lorsqu'il avait appris que son père était condamné, mais avait fait son deuil jour après jour, accompagné en cela par sa mère mais aussi par le mourant qui, dernier geste d'un monarque se devait de laisser ses affaires en ordre.
Après la visite au palais, pour rendre un dernier hommage au défunt roi, les voilà donc à la cathédrale, vaste édifice de marbre froid mais d'une splendeur que seule la vénération pouvait justifier. Elisåba avait suivi Jåemiah Mirøslav Raið'Hri et Luåine jusqu'aux abords des premiers rang; là elle avait laissé ses maîtres continuer leur chemin protocolaire. L'archevêque continua jusqu'à l'autel alors que l'Oracle s'arrêtait au premier rang, non loin de la famille royale. De là où elle était, elle pouvait observer sa maîtresse et accourir si besoin était mais aussi se faire oublier dans l'ombre comme elle avait si bien appris à le faire tout au long des années passées auprès du prélat.
Elle se retourna, la cathédrale était pleine et elle devinait la masse du peuple qui se pressait sur le parvis. Sa traversé il y a quelques minutes avait fait forte impression sur la jeune £ugaið. La puissance pacifique de de cette foule justifiait à elle seule le déploiement des forces de l'ordre pour protéger le déroulement de la cérémonie.
Les yeux grand ouverts, elle scrutait  l'assistance comme pour y chercher... Y chercher quoi? Personne qu'elle ne connût en tout cas. Les battement de son cœur lui rappelèrent que c'était le danger qui pourrait guetter sa protégée. La différence d'âge n'était pas si importante mais les rapports de l'esclave et de l'Oracle tenait à la fois de la soumission, de l'amitié, et de l'amour fraternel, parfois maternel.  Elisåba était prête à donner sa vie pour  Luåine... A cette pensée, Sa poitrine se gonfla d'émotion.
Des cuivres solennels retentirent dans l'édifice tendu de crêpe noire. La cérémonie allait commencer quand quelque chose attira le regard de la magicienne...
Son regard ou son intuition? Un mouvement ou un détail du décor pourtant si familier. Un pressentiment ou son imagination. Pourtant, alors qu'elle se concentrait pour apercevoir et identifier ce qui l'avait interpelé, rien d'objectif ne venait confirmer cette sensation. Tout semblait calme... Durant quelques secondes, elle tenta vainement de recentrer son attention sur le cérémonie et l'Oracle en particulier. Cette idée lui taraudait l'esprit: "Quelque chose ne va pas..."
Là quelque part dans l'ombre des tentures sombres aux confins de la nef et du cœur... Il fallait qu'elle en ait le cœur net!
Doucement comme une liane, elle se faufila à l'extrémité du rang de fidèles pour atteindre l'endroit qui semblait l'appeler inexorablement. Comme à l'accoutumée, personne ne remarquerait son absence ni même son départ.  
Elle arriva bientôt derrière les lourdes tapisseries mystiques. Un courant d'air familier fit voler ses cheveux noirs qu'elle avait soigneusement brossés et qui tombaient un instant encore en une sage cascade sur ses épaules et son dos. C'était courant d'ir qui indiquait la proximité d'une des tours de la cathédrale. La porte en était ouverte mais c'était souvent le cas. Elle le savait bien, elle qui était si familiarisée avec les lieux. Elle savait qu'on avait une vue magnifique sur le parvis et la cité grise. Elle passa la tête comme pour chercher dans la colimaçon de pierre une éventuelle présence. Qui pouvait avoir envie aujourd'hui d'aller admirer la vue? Devait-elle aller plus loin dans ses investigations? Elle se retourna un instant vers la cérémonie. Tout se déroulait à la perfection. Personne n'avait besoin d'elle ici pour le moment et sa curiosité était trop excitée. Elle entreprit donc d'un pas léger et silencieux l'ascension des degrés de la tour...
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SUR ÆÐELMÆR DEPUIS LE : 02/01/2014
MISSIVES ENVOYÉES : 57
PIÈCES : 0 Couronne d'Or, 1 Pistole d'Argent, 17 Sous de Cuivre
JE SUIS DE LA RACE : des £ugaïð.
MON ÂGE EST DE : 29 années
ON ME RECONNAIT COMME : Archère militaire
DANS MES POCHES, IL Y A : ▬ Des armes diverses et variées.
▬ Une bourse de mes soldes (17 sous de cuivre et 1 pièce d'argent)
▬ Toujours de quoi grignoter

CRÉDITS : Crédit Image Valkyrie © Anndr. Crédit Avatar © Uonde Baeth
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Ce message a été posté le Mar 11 Fév - 21:26.
Qui va là?
Marche après marche, chercher à toucher les cieux



Le soleil ne voulait pas se lever et le ciel pleurait la mort du roi sous forme de timides averses. Je regardais mon arc, si ce temps continuerait, il me faudra réajuster mes tirs à l'entrainement. J'aimais cela, savoir que pour tirer une unique flèche, il fallait prendre en compte toutes les données extérieures. Le vent en premier. Je tentais de discipliner mes cheveux, masse de boucles brunes et parvint à la natter, même si je savais que plusieurs mèches folles s'échapperaient rapidement du fil de cuir sombre. Mon armure avait beau être plus légère que celles qu'avaient d'autres bataillons, je l'enfilais à regret. C'était un vêtement de trop qui ralentissait quoi que légèrement ma vitesse et j'aimais courir. Mon arc dans ma main, mon carquois sur mon dos, j'étais entière. Alors que je me mettais en route l'ombre écrasante du mur d'enceinte me pesa quelques secondes. A croire que vivre cinq cycles ici ne m'avait pas aidé à calmer mon envie de grands espaces. Je massais ma nuque et rejoins mon équipe, rassemblait dans la cour de la caserne.

Tous ou presque commentaient la mort du roi. Je me contentais de sourire espérant qu'on ne remarquerait pas que je ne prenais aucun parti. Une amie me demanda si cela aller, je blaguais. Si ça allait. Je me posais beaucoup de questions, comme à l'habitude, sur les répercutions possibles de telles nouvelles sur ma famille et ma jumelle en particulier. Je cherchais au plus profond de moi un écho de ses sentiments présents. Il m'était arrivée de ressentir tout ce qu'elle ressentait, mais la distance aurait-elle effacer cette capacité? Je sortais de ma poche une lanière de viande séchée et si ma partenaire haussa un sourcil, c'était plus pour la forme, je mangeais tout est n'importe quoi et ce n'importe quand. On se mouvait au rythme de la masse, et nous nous retrouvâmes autour d'une table large, avec sur sa surface un plan des alentours de la cathédrale. Notre Grand Maître prit parole, je l'écoutais attentivement, il était réputé pour sa rigueur et ses capacités qui faisaient de nous un bataillon rompus aux méthodes qui avaient et feraient encore leurs preuves.

« Vous -il montra du doigt deux anciens, enfin, plus anciens que moi- vous vous mettrez sur ce toit, ici et ici. »

♠♣♦♥

Penchais en haut d'une demeure quelconque, j'avais armé mon arc et ma flèche en joue, les plumes la caressant... A mes côtés, mon binôme croquait dans une pomme sans jamais cesser de scruter la foule de badauds qui se pressait à la cathédrale pour se recueillir auprès de la dépouille du plus grand. Je fronçais les sourcils et baissait mon arme puis la rangeait, sagement posée à porter de main.  Je rabattais ma capuche sur mes cheveux et effectivement plusieurs mèches frisée d'humidité s'échappaient de leur attache. A l'intérieur, les Gardes Gris faisaient leur boulot, c'était rassurant en quelque sorte. Je me demandais ce que cela ferait d'en être une. Je reçus un trognon de pomme sur l'épaule, je me retournais en rigolant et lâchait « entière, tu en as une? »

Je ne paraissais pas bouleversée par l'endroit et l'action, cette mort ne m'atteignait pas. Le roi était bon mais la résurrection n'existait pas. Et je regardais en face.

« Reste-là, je vois quelque chose en bas. »

Ma voix m'apparut assez froide pour ne pas paraitre déplacer.

« Couvre-moi. J'en ai pour cinq minutes. »

Histoire de respirer un peu. Le Roi est mort. Mais nous sommes en vie.
Le soleil ne parvenait pas à percer les nuages et je me trouvais aussi étouffée au sol qu’en haut avec mon coéquipier. Je n’en n’aurais pas pour longtemps. Un coup d’œil à m’assura que celui qui était resté était opérationnel. Je le savais aguerrit. Ma capuche gênait un peu ma vision mais je préférais ça que d’avoir des boucles voletantes qui me mordent la joue. Cela aurait tranché avec la solennité du moment. Je tirais une pomme et la croquait tout en marchant de long en large sur le parvis de la Cathédrale sans oser y entrer. On n’avait pas besoin de moi à l’intérieur. Et je n’étais certes pas là pour me recueillir au pied de la dépouille d’un corps que l’âme avait quitté. Alors pourquoi ? Est-ce l’oraison funèbre qui avait flattée mon ouïe ? La foule qui se pressait aux portes ? La magnificence des lieux ? Mon regard se perdait de visage en visage. Toutes les races ici confondues comme l’eau se pressait en moi. Je calais un peu plus mon arc et son poids avait quelque chose de rassurant. Demain, j’espérais être réaffectée à un endroit plus joyeux.


* Penses-tu sincèrement qu’il y aura demain un endroit plus joyeux dans la Cité Grise ? Le territoire est en deuil. Et tu ne verras que des mines sombres, car c’est la bienséance ou par réel tristesse Mais aussi des visages plein d’appréhension. Le Roi était bon. Une page de la Cité vient de se tourner. Et nous ne savons pas à quoi nous attendre au prochain chapitre…*

Je tachais de chasser ces pensées parasites. A quoi bon se lamenter lorsqu’il était trop tard ? Il faudrait mieux prévoir la suite. La régente ne serait pas toujours présente et Dithrub avait refusé la succession. Rester un gamin en ligne de mire. Aurait-il l’étoffe du précédent Roi ? Je scrutais le ciel et localisais à certains endroits mes compagnons d’armes. Je baissais mon regard océan vers le sol plutôt terreux. Cette saison n’en finira jamais. Je montais les marches jusqu’aux portes quand une personne me surprit. Elle semblait chercher quelque chose. Quelqu’un. Me faisant bousculer, je m’écartais un peu. Tout était calme malgré la frénésie ambiante. La mort avait quelque chose qui poussait au respect. La fille était belle et jeune. Elle semblait aussi vive et connaisseuse des lieux. Elle ressemblait à celle que j’avais laissée derrière moi. Une force me saisit, me tirant en avant, un élan comme un souvenir que l’on veut chasser avec autre chose qu’une flèche.
Mes pas s'accélérèrent alors que la jeune fille emprunta un escalier. Je savais où il menait pour avoir déjà fouiné par ici alors que je découvrais l'endroit, quelques années plutôt. Oui, elle devait connaître l'endroit. Elle n'allait pas vite, mais si je la perdais de vue, se serait pour de bon: on n'entendais pas son pas, elle se déplacer à la manière d'un fantôme, aussi silencieuse et légère. Je restais donc, derrière elle, sans me cacher mais sans pour autant me montrer. Nous arrivions en haut de la tour et dans mon carquois une flèche heurta une autre alors que j'enlevais ma capuche qui à l'intérieur n'avait aucune utilité. Tout était si calme ici, le brouhaha du recueillement nous parvenait en sourdine.



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CRÉDITS : Elisåba Kalìañi
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Ce message a été posté le Sam 15 Fév - 7:21.
Les marches se succédaient glaciales sous ses bottines, forcément de mise en cette saison. A chaque embrasure, Elisåba sentait le souffle de l’hiver sur sa joue gauche et des mèches de sa chevelure venaient danser devant son regard fixé vers le haut de cette ascension. Elle devenait de plus en plus impérieuse alors qu’un malaise grandissait en elle. Ce devait être ce pourquoi elle était là.

Elle s’arrêta à mi-hauteur et regarda à l’extérieur de la cathédrale. De là elle pouvait voir une partie du parvis, mais surtout au-delà du port, les étendues marines perdues dans les rideaux de pluie qui avaient décidé de couvrir de leurs voiles les obsèques du souverain. Aucun navire ne manœuvrait au port. Comme tout un chacun les marins devaient être aux funérailles et avaient rendu pour un temps l’océan à ses créatures. Le Cette vision la rassura. Fermant les yeux, elle passa ses deux mains dans ses cheveux pour les lisser et les rejeter en arrière, sentir la pluie sur son visage avant de reprendre les degrés de marbre usés par les pas de tous les visiteurs qui l’avaient précédée siècle après siècle.
La jeune esclave ralentit brusquement. Elle en était sûre à présent. Il y avait quelque chose ou quelqu’un. La prudence devenait indispensable. Sa main descendit vers la garde de la dague qui ne la quittait que très rarement. Sans être un dard mortel dans la poigne d’une jeune fille de 17 ans, elle lui avait déjà sauvé la mise et pouvait tout au moins être un rempart efficace contre une attaque conventionnelle. Son pied se fit encore plus léger, c’est à peine si ses talons touchaient la pierre.
Pas question, en revanche, de renoncer à en avoir le cœur net. Son côté intrépide prenait le dessus en ce genre de circonstance et il n’était pas question qu’elle laisse un danger menacer l’Oracle si elle pouvait l’éviter. Sa retenue et sa discrétion en ces circonstances laissent place à la détermination que peu de gens lui connaissent si ce n’est l’Archevêque, l’Oracle et le prince. En outre, elle ne pouvait pas imaginer qu’elle fût visée elle-même sa propre existence ne pouvait pas être l’enjeu d’une quelconque menace…

La lumière blafarde du jour éclaircit bientôt le haut du colimaçon. Elle en venait à douter de ses sens tant le calme régnait, mais n’importe quoi pouvait se trouver au sommet de la tour, en embuscade peut être et pouvait la surprendre. Son cœur se mit à battre plus fort et ce n’était pas à cause de l’effort de l’ascension… Tout ce ses sens tendus vers le jour, elle sursauta. Ce ne pouvait être l’effet de son imagination, même si le son était ténu. Un léger raclement sur la pierre et un imperceptible tintement boisé comme lorsque l’on joue au mikado. Pas de doute c’était la signature d’un mouvement, mais à sa grande surprise, cela venait d’un niveau inférieur au sien. Elle fit volte-face. Aucun mouvement. Aucune fluctuation de l’ombre. La chose ou la personne n’était pas encore prête à l’atteindre et c’était bien là, la seule bonne nouvelle… Était-il possible qu’elle soit suivie ? Avait-elle manqué quelque chose en se concentrant sur les hauteurs de l’édifice ? Il n’était pas temps de se faire des reproches mais plutôt de penser à comment se sortir de ce traquenard car à présent la retraite semblait lui être coupée et il lui faudrait beaucoup de chance pour redescendre sana encombre.

Elle se mit en hâte à gravir les derniers degrés, presque comme un crabe afin de pouvoir surveiller le haut et le bas de la voie. Presque sans y penser sa dague avait quitté son fourreau de cuir repoussé… Elle arriva à la lumière du jour et papillonna des yeux pour les habituer à la lumière. Un premier regard circulaire la rassura. Rien. Personne. Elle aurait presque envie de se moquer d’elle, mais il restait à s’assurer que la poivrière de sortie ne dissimulait aucun danger. Là encore rien. Elle se plaqua donc contre cette guérite providentielle qui pourrait lui permettre de se dissimuler et pourquoi pas dans un jeu de chat et souris, de rependre la fuite vers le bas et la cérémonie, donner l’alerte…
Mais le moment n’était pas à l’emballement. Son souffle avait suivi ses battements de cœur et il lui semblait que sa respiration emplissait le ciel comme le soufflet de forge l’atelier du maréchal ferrant. Son cœur résonnait comme le marteau sur l’enclume. Si elle parvenait à contrôler sa transpiration et garder le front et les mains sèches toute sa personne était nécessaire à la maîtrise des mouvements de sa poitrine qui lui donnaient l’impression d’être sur le point de se révolter contre sa tentative d’apaisement.
Seule la fraîcheur de la pluie parvint à lui donner un peu de sérénité dans l'attente...
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SUR ÆÐELMÆR DEPUIS LE : 02/01/2014
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Ce message a été posté le Mar 25 Fév - 10:41.
Qui va là?

Je suis le chemin qui ne sait où il va, l'aquarelle qui passe à trop la regarder



Les marches s’égrainaient comme autant de secondes s’échappaient. Mon temps s’écoulait et ma respiration se fit plus silencieuse, comme autant d’habitudes incrustées en moi. Je voulais rattraper cette jeune fille au visage doux et à la silhouette élancée. Je songeais à mon collègue que j’avais laissé à notre poste, au capitaine qui n’y verrait surement rien, au vue de la présence nombreuse des Gardes à l’intérieur de la Cathédrale. Je levais le regard et tendis l’oreille. J’aurais pu pester même quand j’en vins à la conclusion. Elle avait accéléré l’allure, imperceptiblement, et son pas s’était fait encore plus léger et sourd. S’il n’y avait pas eu une seule route, un seul escalier, je l’aurais perdu. Elle avait accéléré l’allure, elle m’avait entendue, où alors elle se sentait pressé par le temps. A cet instant, je n’allais pas plus loin dans mes réflexions. Je grimpais, sans un arrêt, sans un souffle de trop, m’enfonçant dans mes souvenirs comme d’autre s’évaderait par une fenêtre ouverte.

[Flashback]  
« Dépêches-toi Phyne, on nous attend. »

Et ce visage aux joues rouges, ses cheveux sagement rangés en un chignon serré d’où seule s’échappe une mèche nattée avec des petites perles bleues, vertes et noires. Et ce rire qui se répercute en écho dans l’escalier en colimaçon qui nous mènent à notre salle de classe où nous attendent parchemins et plumes aux couleurs aussi criardes que les oiseaux dont elles proviennent. Mon cœur rate un battement alors que les yeux couleurs océans de Ciella se fiche dans les miens.

« Bah alors, qu’est-ce-que tu fais ? Si on est encore en retard mère va devenir folle ! »

L’escalier est semblable, quoi que différent. Dans mon esprit tout s’embrouille, et mon moi du passé s’en rend compte, tremble, mais ne veut rien casser du moment présent et s’élance à la poursuite de son double. Mes jambes sont plus courtes et mon souffle moins bon, moins travaillé. Je sens pulser en moi cette joie de vivre, cette insouciance que j’ai dû perdre en cours de route, ce fameux jour rouge. Et quand elle se retourne à nouveau vers moi pour se presser, c’est son visage en sang que je découvre. Et son regard accusateur. Je continue de marcher, comme si rien était, et tout se mélange, encore et encore…
[Fin flashback]


Et je me sentais levé les yeux au ciel, à cette époque, pour moi, elle l’était déjà. Et je reprends mon ascension mirifique, les couleurs s’étiolent et je reprends pied dans la réalité. J’aurais voulu rêver un peu plus, la voir, encore, ça m’était devenue de plus en plus rare. L’image d’un cahier à la couverture souple fait de peau de bête et gravé de motif d’écaille de poisson me vint  à son tour, là où je l’ai laissé. Et mes mots, écriture hachurée et détachée… Les dates se suivent, parfois sans rien à la suite, comme un écolier qui ne sait que recopier le haut du tableau. Et mes pensées parfois explosent, aussi violente et meurtrière que la guerre entre nos Ailés et les humains du passé. La lumière me parvient un peu plus haut, fraiche et naturelle. Je comprends que nous y sommes arrivées, et que ce n’est pas Ciella que je suis mais bien une inconnue un peu douteuse quoi que belle à se faire pâmée à un Dragon. Tiens… Un Dragon peut-il se pâmer ? Je ré-attachais mes cheveux d’un geste ample du bras alors que j’arrivais à la sortie de ce nid de pierre. Ca tiendrait un peu et me dégagerait la vue, je ne savais pas ce qui pourrais m’arriver. Armer mon arc n’aurait servi à rien d’autre que de la mettre en porte à faux. Je me rappelle des esclaves dans la demeure, leur peur quand je venais, car je n’étais pas des leurs, j’étais une potentielle acheteuse en devenir, un embryon de pourriture richarde et… je n’ai pas assez d’adjectif pour décrire la haine teintée parfois de peur que je découvrais dans leur regard. Au certes ! Certains étaient heureux de leur sort, car ils étaient au bon endroit, ou car il voulait, martyr, faire pénitence de leurs pêchés passés… Mes avis sur la question divergeait aussi souvent que la nature des cas que je rencontrais. Je m’arrêtais juste avant le trou béant qui donnait sur le haut de la tour. Je ne voyais pas la fille. Improbable, nous avions suivi le même chemin. Existait-il des passages secrets comme souvent dans les bâtisses aussi prestigieuse ? Avait-elle sauté de la tour et se trouvait-elle désormais le corps défait sur le parvis que nous avions à peine quelques minutes plutôt quitté ? Tant d’idées folles défilent dans ma tête. Je sais que pour avoir la réponse, il faudrait que j’avance un pas de plus. Je caresse les plumes d’une de mes flèches, un geste qui était devenu au combien rassurant ces cinq dernières années.

* Mademoiselle, où te caches-tu ? Es-tu encore seulement là ? Si tu savais combien vous lui ressemblez toutes, car un simple point commun devient pour moi une ancre, un port, un rocher auquel m’accrochait en pleine tempête… Et pourtant elle n’est pas morte. Elle est à portée de main.*

Je ne devrais pas hésiter plus longtemps, mais le calme ambiant me berce et m’apaise. Je le désirais depuis plus que tout depuis l’annonce du décès. La jeune fille avait forcé l'allure, elle m'avait peut être entendue. Si elle n'avait pas disparu. Mais je ne devais pas me laisser avoir, je ne devais pas foncer tête baissée même si c'était tentant. Aussi, je restais  sur cette avant dernière marche et la hélait. Ma voix était aussi fine que ma personne était petite :

« Excuse moi. Je t'ai suivit. Je ne sais plus trop pourquoi d'ailleurs. N'ai pas peur. »

Le genre de parole qu'un tordu-pervers-meurtrier pourrait dire. Je pouvais faire mieux, non ?

« Je garde la Cathédrale. L'extérieur. Je t'ai vu. J'ai pensé... te reconnaître. Je... te laisse ? »

Je ne m'avançais pas plus. Je n'avais pas trop envie de la confronter trop vite. Mais à rester ici, dans l'ombre, n'allai-je pas encore plus l'effrayer ? J'hésitais. Je ne voulais pas finir dans un coupe gorge, mais je ne voulais pas non plus partir comme ça, sur une impression de déjà vu idiote et impossible. Je fis un pas, encore, et sur la dernière marche, évaluer les lieux, cherchant l'inconnue des yeux.



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Ce message a été posté le Mer 26 Fév - 20:01.

L’attente ! Attendre, mais attendre quoi ? Alors que ses rythmes internes se calmaient, son esprit tournoyait. Et mêmes questions revenaient sans relâche. Elle avait été attirée ici par une force par une intuition et les seuls signes qui parvenaient venaient de derrière elle. Ironie ! De petite pisteuse la voici maintenant chassée traquée… Son sang se remit à battre ses tempes comme les petons de la gamine qui fuyait sur le ponton de bois dans ses cauchemars. Qui courait vers un bateau aux voiles immaculées et qui à chaque fois tombait en arrière tirée par les cheveux. Le ciel virait de l’azur au cinabre juste avant qu’elle ne se réveille.
Se paupière ses baissèrent une seconde le temps de remettre de l’ordre dans ses fluides.

Plaqué à la tourelle au centre de la tour, elle ne voyait plus qu’à peine l’horizon flou. Impression se trouver dans une prison d’infini. Une prison dans le néant, une prison dans les limbes. Elle secoua la tête. Elle n’était pas du genre à se laisser envahir par les ténèbres de la peur, de l’incertitude, mais elle devait bien admettre que le chasseur se montrait bien habile de la faire ainsi attendre, de la faire mijoter… Mais depuis combien de temps ? C’est comme si cette question la projetait plus encore dans l’inconnu : quelques secondes ? Quelques minutes ? Des heures ? Y avait-il encore quelqu’un dans l’escalier ?

Soudain la délivrance. La voix lui était parvenue claire malgré les murs la résonnance. Une voix de femme. Pourquoi se sentit-elle rassurée ? Parce qu’une voix féminine ne pouvait être dangereuse ? Elle n’était pas si naïve. Parce qu’elle avait un accent de sincérité ? Elle le savait certain avait un don de comédie qui tromperait leur mère même.
« N’aie pas peur » Comme un coup de fouet sur le flanc de l’étalon fasciné par le serpent, comme les sels sous le souffle de la dame pâmée, cette phrase l’avait sortie de ses incertitudes.
Non elle n’avait pas peur. Elle n’avait plus peur. Tout au plus l’indécision la tenaillait-elle encore. Comme si on venait de la mettre au défi, elle se sentait prête à faire face.

*Sois prudente !*, lui intimait cependant sa conscience.

Mais on avait beau avoir eu comme maître une des personnes les plus sages et rusée du royaume, à 17 ans on ne résiste pas toujours au défi qu’une simple phrase peut lancer. Et puis le jeu du chat et de la souris avait assez duré ; après tout, c’était elle qui avait mené le jeu depuis le début et là elle se conduisait comme une biche aux abois… Si elle voulait en savoir plus, elle devait prendre des risques. Elle se décolla de la paroi protectrice afin d’essayer de voir sous cet angle fermé que lui donnait sa position quelle était cette personne qui semblait vouloir prendre ‘initiative de la rencontre, de… La rencontre ? La confrontation ? L’affrontement ? Le combat ?

Une chose était cependant sûre, la femme avait commis une erreur. La reconnaître !! Qui pouvait bien reconnaître la discrète esclave de l’Oracle ? Son maître lui avait enseigné la discrétion et avait même fini par la lui faire endosser comme une seconde peau. Les regards la traversaient  sans se poser sur elle et c’était devenu un motif de fierté. Trop jeune pour être dangereuse, pas assez voyante pour être admirée, elle pouvait rester dans la même pièce que les puissants sans qu’ils s’en rendent compte : qui se souciait d’une esclave ?
Mais elle ne pouvait le nier sa curiosité était aiguisée. Elle voulait voir de qui il s’agissait. Une militaire à ce qu’elle prétendait.
Etait-il possible qu’elle se soit laissé abuser par une stupide intuition ?

La jeune fille se décala encore un peu et aperçu les mains vides de ce qui n’était encore qu’une silhouette dans l’ombre. Elle soupira de  soulagement avant de se reprendre.
Le pied de la femme se posa sur la dernière marche.
Ce qui sortit de sa gorge était plus de quoi finir de lui donner du courage que le respect du protocole.

« Je suis Elisåba Kalìañi du service de son Eminence l’Archevêque. Qui es-tu ? »

Il eût été plus civil de dire : « A qui ai-je l’honneur, mais elle n’était pas bien sûre que cette formule soit bien appropriée.
Sa dague serrée dans son petit poing bien en évidence ne laissait aucun doute sur le fait qu’elle se défendrait si besoin. Elle inclina la tête pour tenter de distinguer les traits de celle qui se faisait passer pour une garde…
Soyez gentils avec moi ! Je n'ai encore mordu personne...

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JE SUIS DE LA RACE : des £ugaïð.
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ON ME RECONNAIT COMME : Archère militaire
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Ce message a été posté le Sam 8 Mar - 14:08.
Qui va là?

Pour tout dire, le lecteur doit avoir connu la volupté des larmes, avoir senti la douleur muette d’un souvenir qui passe légèrement, chargé d’une ombre chère, mais d’une ombre lointaine ; il doit posséder quelques-uns de ces souvenirs qui font tout à la fois regretter ce que vous a dévoré la terre, et sourire d’un bonheur évanoui.



Alors, soyons tout de suite très claire : mélanger le présent et le passé alors qu'on « traque » une inconnue dans une tour lors du décès d'un grand homme n'est pas mais alors pas du tout une bonne idée. Surtout quand on sait qu'on a quitté son poste pour seulement une petite pause. Je veux dire, et si il se passait quelque chose à l'extérieur ? * Je pourrais toujours viser du haut de la tour et décocher une flèche avec un tel point de vue que se serait un délice... * Je voulais fuir, comme toujours une part de moi voulait partir loin, au plus loin. Ne plus avoir à risquer quoi que ce soit, de mon identité à mes lubies soudaines de suivre des gens comme cela. Ma voix avait fait écho dans les escaliers, fluette. Je ne savais pas si c'était une bonne idée, non, c'était sûrement même une mauvaise, mais bon, j'étais arrivée jusque là ce n'était pas pour faire demi-tour. Je pouvais presque sentir sa présence. Je m'étais présentée, la balle était dans son camp. Je m'avançais d'un pas et le décalage de luminosité me fit plisser légèrement les yeux. L'air frais et humide plaqua quelque mèches sur mes joues. Mon pied était sur la dernière marche et je vis une ombre passer à hauteur de la tourelle qui achevait l'escalier. Elle essayait de me voir, et vu « l'éclairage » extérieur, ça ne devait pas être difficile. Elle par contre m'était en contre jour, mais sa silhouette m'indiquait plus, c'était bien la fille que j'avais suivit. Et elle n'était pas Ciella.

Elle se présentait, je tâchais de retenir le tout, histoire de. Elle aurait pût être l'Archevêque  même que ça ne m'aurait pas franchement impressionnée. Si je croyais dur comme fer à nos créateurs, les hommes et les femmes d’Église me laissait de marbre. Passer une vie à prier ou parfois même à craindre... Trop peu pour moi. J'avais l'idée d'un monde en reconstruction où l'Homme referait les mêmes erreurs. Si les dragons réapparaissaient ? Correction : quand les dragons réapparaîtront, nous enverront-ils au casse-pipe, nous, membre de l'armée ? Déserterais-je alors ?
Ma voix, comme ayant suivit un autre cours de pensées, me sortit de mes spéculations hasardeuses :


« Je me nomme Uonde Baeth, garnison des archers. »


Je lui tendis une flèche, les couleurs étaient caractéristiques typique de celle de l'armée aeldelmaerienne. Je voulus répéter que je l'avais confondue avec quelqu'un d'autre, que c'était l'unique raison qui m'avait poussée à la suivre. Autant vous prévenir tout de suite : je ne mens que quand cela est nécessaire, pour me protéger. Autrement, je préférais la voix de la franchise ou le silence. J'avalais la dernière marche et me tournais vers elle. La jeune Elisåba se tenait en position de défense et je ne pouvais guère lui en vouloir. Je songeais vaguement à la désarmais mais écartais vite cette pensée. J'avais rangé ma flèche et lui montrais mes mains vide. Mon armure légère me sembla en ce jour le plus heureux des cadeaux. Même si je n'étais pas mauvaise au corps à corps. Je reculais doucement de la fille au service de son Éminence. Elle était belle mais de ce genre de beauté discrète, qui n'attire pas l’œil au premier regard. A part le mien apparemment. Je la dévisageais sans fausse pudeur.

« Ton attitude m'a intriguée. Mais maintenant que je suis ici... »


Je lui tournais délibérément le dos bien que tous mes sens étaient en alerte générale. Je regardais vers le bas de la tour où la foule affluait en une vague constante et pour le moment sans ressac ni naufrage à déplorer. La situation, à l'instant, me plu. Un regain d'énergie coulait dans mes veines. Je décidais de la provoquer.


« Comptes-tu me tuer maintenant ou pourrais-je retrouver mon poste de garde entière ? Je trouve que mon sang serait fort inélégant sur ta robe, Kalìañi du service de son Éminence l’Archevêque. »

Je me retournais vers elle en riant, posant mon dos contre le mur, attitude relaxée d'apparence. Mon regard océan perdu sur sa personne, je m'essayais à deviner ses pensées. Je savais que le temps ici m'était compté et aussi que je n'avais décidément rien à faire en haut de cette tour. Dans la cathédrale, il y avait les hommes en gris pour assurer la sûreté. J'avais juste voulu assouvir ma curiosité. Inutile de préciser que je ne repasserais pas devant elle (ni ne dévalerais les marches pour rejoindre mon binôme) avant que la demoiselle de son éminence ne range sa lame. On ne sait jamais, avec la chance que je cumule parfois, je serais capable de tomber sur une accroc aux dagues en tout genre... Je la jaugeais toujours, je devais même paraître insistante. Elle ne ressemblait pas à Ciella. Elle ne me ressemblait pas. J'avais poursuivit une Ombre. Elisåba n'était pourtant pas un fantôme. J'attendais quelle parle ou qu'elle agisse avec la patience que l'on réserve habituellement aux jeunes enfants.



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Ce message a été posté le Jeu 13 Mar - 16:21.

La réponse ne s’était pas fait attendre. Claire bien que distante elle ne présageait d’aucune rouerie. La flèche au bout des doigts de la silhouette sombre qui se précisait à mesure qu’elle sortait de l’obscurité donnait crédit à ses dires et rassura à son insu même la jeune esclave qui baissa sa dague.  L’archère n’avait aucune attitude agressive et Elisåba rien à lui reprocher. Après tout la tour de la cathédrale n’était pas un lieu interdit et les forces de sécurité se devaient de faire preuve de prudence de zèle même en cette journée où tout le gratin de la société se trouvait réunie en un même lieu. Un esprit sournois et animé de désir de déstabiliser le royaume eût tôt fait de fomenter un complot contre toutes ces personnalités. Quel qu’en soit le nombre de victimes elles ne manqueraient alors pas de donner lieu à enquête suspicion, chasse aux sorcières et autre ambiance délétère dont se repaissent les ambitieux et autres âmes en quête de pouvoir même Sali de sang.

La jeune fille de par sa condition, n’était pas concernée par les complots et autres spéculation politique, mais elle évoluait dans un milieu dans lequel, malgré tout, elle ne pouvait qu’être tenue au fait des relations interlopes que le pouvoir charrie derrière lui.
Son maître par exemple ne voyait pas d’un bon œil tous les membres de la cour et elle se doutait que d’autres lui rendaient la pareille.

Elle regarda passer devant elle la femme qui lui avait causé tant d’inquiétude. Ses cheveux épais et bouclées se couvraient petit à petit de perle que le crachin du jour déposait sur ceux qui ne le craignaient pas. Non décidément elle ne paraissait pas être animée d’animosité à son égard. Alors qu’elle regardait au pied de la cathédrale l’adolescente se décida à ranger sa dague bien heureuse de ne pas devoir s’en servir.

La tuer ? Quelle ironie ! S’il existait une personne qui ne pensait jamais à ôter la vie, c’était bien Elisåba. Elle ne se souvenait d’aucun grands discours sur le respect de la vie qu’auraient pu lui infliger les gens qui avaient participé à son éducation, et pourtant… Imaginer la fuite, l’évaporation, la dispersion d’une âme privée de son corps lui donnait le vertige la remplissait d’un abîme de tristesse. Elle était persuadée pourtant de la bienveillance des dragons qui avaient dû prévoir une suite à cette séparation, mais cela n’enlevait rien à la noirceur qui peignait ses émotions à l’irruption de telles pensées mêmes si d’un battement de cils elle savait les chasser…

« N’aie crainte. Je ne suis ni une guerrière ni un spadassin »

Elle commençait maintenant à se trouver ridicule car si elle y pensait elle était là pour rien. Rien de spécial ici et la seule personne qui l’y avait suivi, l’avait apparemment fait, attirée par son manège…
Le rire de l’archère sonnait maintenant comme une raillerie. Elle se raidit et ses yeux s’animèrent des éclairs de la fierté outragée avant de se détourner vers l’horizon pour se protéger du sentiment d’humiliation qu’elle ressentait à présent. Perdre son regard dans les ondulations lointaines où se mêlent le ciel et le large était un le moyen idéal. Combien de fois elle y avait vu des dragons, tous plus vaporeux les uns que les autres, mais aujourd’hui, la pluie baignant le soleil et la mer s’unissant au ciel tout était possible. C’était une chose qui lui restait  de l’enfance, penser qu’il suffisait de souhaiter très fort quelque chose, de la croire possible pour qu’elle se réalise…

Un sourire d’autodérision se peignit sur ses lèvres.

*Tu as grandi Elisåba arrête de rêver*

Cette dernière pensée la ramena à sa compagne de hasard qu’elle avait oubliée durant quelques secondes.
A son habitude, les pensées sombre avaient fait long feu et la jeune esclave était redevenue la l’adolescente optimiste que ses proches connaissaient. Tout en se retournant vers la guerrière, elle lissa et tira ses cheveux mouillés en arrière avec le peigne de ses longs doigts. Elle dégageait ainsi son visage à présent illuminé de se son regard océan et d’un simple sourire. Elle imita alors la pose de la femme qui la dévisageait.

« Es-tu rassurée sur mon compte ? »

Elle aurait bien ajouté :

« Ou suis-je pas assez effrayante pour être soupçonnée de pouvoir causer la ruine du royaume ? »

Cela aurait été son tour de se montrer ironique. Sans méchanceté, mais avec assez d’humour pour dévoiler un esprit vif.  Mais cela peu de personnes en avait connaissance. Il ne saillait pas à l’esclave de l’archevêque de tenir tête ou de se faire remarquer. Le fait qu’elle ait pu attirer les soupçons sur elle en montant ici était déjà en soit outrepasser sa condition et le rôle qu’elle était sensée jouer.
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Ce message a été posté le Dim 6 Avr - 10:38.
Qui va là?

« Les femmes préfèrent la brutalité à l'ironie. Le brutal se met nettement dans son tort à leur égard ; l'ironiste les met en méfiance vis-à-vis d'elles-mêmes et cela ne pardonne pas.  » [Henry de Regnier]




J'étais de ce genre de personne qui passe leur temps à suivre leurs instincts. J'étais de ce genre de personne qui cachait tout aussi bien ce penchant pour les moins risqués. Le temps s'écoulait si vite que je ne craignait que d'un instant ou un autre on me cherche. Dans ce genre de situation, les secondes s'allongent pour devenir juste assez insaisissable pour nous faire douter de tout. Le jeune aux cheveux aussi sombre que la nuit me testait plus ou moins finement. Je lui demandais si elle continuait me tuer. Je n'aimerais pas avoir à me défendre ici, si proche d'un lieu où l'on honorait un mort. Mais si elle m'y poussait, que pourrais-je faire d'autre. Mes sens restaient en alerte mais sa réponse me rassura. Non, elle n'était pas une guerrière. Mon rire sembla la troubler, je n'en n'avais cure : j'étais connue pour mon naturelle débonnaire et mon sens de la dérision autant que de l'auto-dérision. Je croisais mes jambes, toujours adossée, et la regardais se retourner vers moi, démêlant ses cheveux à l'aide de ses longs doigts fin. Elle était assurément belle et ne se rendait sûrement pas compte. Et encore, nous étions toujours étonné dans ce monde où les timides se montraient bien plus vif  et outrancier que la plus extravertie des  femme de joie. Je massais ma nuque et réfléchis. Je devais partir, encore une fois, toujours même, l'alarme résonnait en moi mais pourtant la jeune fille m'intriguait bien plus que de raison.


« Je le suis oui. Même si vous devriez faire plus attention. J'aurais pu être quelqu'un d'autre. Et avec l'attention que mes pairs portent sur la pièce mortuaire... qui sait ce qui peut arriver. »


* Je me vois mal l'attaquer, et si elle l'avait fait.. ? Au final, j'ai toujours eu du mal à vraiment me sentir en danger au point d'avoir des suées comme certains de mes frères d'armes ou à foncer dans le tas comme d'autre. Je préfère analyser. Et toujours me méfier. Les Dragons savent que les plus misérables peuvent se révéler redoutable.... *

Je me redressais d'un mouvement vif et m'approchais vers elle, toujours sans aucune mauvaise attention, les bras ballants et vides de toute arme. Une boucle coula sur ma joue, et je la laissais ainsi, je tâchais toujours de contrôler tout ce qu'il se passait mais pourtant mes cheveux, par intègre de ma personne, semblait me défier à chaque respiration. Elisaba était sublime. Je passais devant elle, direction les escaliers et les pieds sur la première marche je me retournais vers elle, plantant mon regard dans le sien. Je me pinçais la lèvre, jouant nerveusement avec un pan de ma tunique. Peut être car je n'étais pas vraiment moi, dans cette uniforme, et que j'avais tout un tas de règles à tenir pour ne pas transparaître... Comment faire pour ne pas... Oserais-je ? Dans ma tête la voix de Ciella résonne avec violence :

« Ma Phyne, tu serais capable de parler avec un poisson pour l'inviter à boire un verre. »


Je rougis, d'un coup, et me reprend, chassant les souvenirs insistants :

« Je te raccompagne ? Il parait que l'ambiance est bien meilleure, en bas. »

Allais-je payer mon effronterie ? Non, je ne crachais pas sur le mort, mais rester ici loin de tout n'était pas ce qu'il y avait de mieux. Un instant, je songeais que peut être elle était de ceux qui pleuraient le roi et que c'était pour cette raison qu'elle s'était éclipsée. Ses yeux n'étaient pas rougis ni humides, mais les humains savaient parfois si bien cacher leurs sentiments...



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Ce message a été posté le Sam 10 Mai - 9:34.

Les soldats de la cité étaient-ils aussi impulsifs que le laissait sous-entendre Uonde Baeth ? Rien de tout cela dans l’esprit de l’esclave. Elle avait eu souvent l’occasion d’en croiser dans les couloirs de tous les bâtiments de solennité qu’elle hantait et pour cause… Tous avaient une allure martiale et posée, sûrs de leur force. Là où l’archère marquait un point c’est que jamais cela n’avait eu lieu lors de funérailles royale. Sans doute se sent-on aussi abandonné que le reste du peuple lorsque le représentant de sa légitimité quitte ce monde. Quel repère leur restait-il ? Quelle pression l’évènement faisait-il peser sur leurs épaules ?
Elle-même se mettait-elle en dehors de l’ensemble de ses camarades pour se dégager si sereinement en apparence de ces sentiments ?
Plus elle y pensait plus la jeune guerrière intriguait Elisåba. Ou elle était très bonne comédienne ou elle possédait une grande maîtrise d’elle et des évènements.
Une chose était sûre, elle n’était pas comme les autres et la suivante de l’Oracle ne pouvait s’empêcher de sentir monter en elle une certaine curiosité. Curiosité qu’en même temps elle réprouvait. Ce qui effrayait la protégée de l’archevêque était qu’elle ne parvenait pas à se méfier de l’archère alors qu’elle ne la connaissait qu’à peine… Sans doute sa fonction de militaire y était pour quelque chose, mais pas seulement.

*Si tu ne fais pas confiance à l’armée de ton pays, oseras-tu encore sortir de ta chambre ?*

Les intrigues de la cour qui parvenaient à ses oreilles de loin en loin n’étaient pour elle que des contes, des potins. Ils ne la concernaient pas directement et son adolescence les gardait au rang de jeu. Ainsi, même si elle avait perdu une certaine naïveté, elle était préservée de la paranoïa qui rongeait à coup sûr les intrigants de tout poil. Soupçonner alors quelqu’un qui ne faisait que son devoir, lui parut tout à coup incongru. Fallait-il que ses pressentiments l’aient envahie pour qu’elle ressente une telle méfiance ?!!!
Elle se sentit soudainement gênée.

« Je te prie d’excuser ma méfiance… Les circonstances sans doute… Enfin je n’aurais pas dû douter d’une archère de la capitale »

Rien ne l’obligeait vraiment à faire amande honorable, si ce n’était peut-être l’expérience de l’indignité quotidienne que son rang ou son absence de rang lui faisait vivre jour après jour ainsi que l’habitude prise auprès de son maître d’assumer chacun de ses gestes.
Le rouge qui monta au visage de son interlocutrice ne manqua pas de la surprendre. Depuis qu’elle l’observait, c’était bien la première fois que la guerrière dévoilait une faiblesse. Elisåba  le savait, ce genre de manifestation corporelle incontrôlée était toujours une faiblesse quelque chose que les autres pouvaient utiliser pour vous mettre dans l’embarras même si elle trahissait une intimité autant inavouable qu’inavouée, espace inaliénable de liberté. En tant qu’esclave, la jeune femme haïssait de qui pouvait mettre son jardin secret à mal et en tant que mage de l’eau elle avait bien vite appris à réagir aux caprices sanguins et lacrymaux de son être. La jeune magicienne baissa le regard pour ne pas mettre Uonde Baeth  plus mal à l’aise.

« Je te raccompagne ? Il parait que l'ambiance est bien meilleure, en bas. »

La provocation de la femme en noir lui fit arquer brusquement la nuque et relever son regard qui plongea telle une dague dans celui de l’impudente. Cela ne dure qu’une fraction de seconde avant que l’adolescente ne se détourne vers le seuil de l’escalier et ne coupe le chemin de l’insolente sans plus lui accorder de regard.

« Oui en effet les gens y sont bien plus respectueux ! »

S’était-elle trompée à ce point sur le compte de ce corbeau ? Sa colère était autant dirigée contre sa naïveté que contre cette femme indigne.

Il était temps de redescendre.
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Qui va là? [Uonde Baeth]

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